Gœrres, PolUische Schriften, I, p
aucun intérêt et ne donnera dans l'avenir qu'un médiocre profita » Et de Paris même, en une lettre privée, il expose le deuil de son âme : « Il y eut un temps où je regardais les hommes, même au point de vue moral, comme de véritables antiques, comme des idéaux plus ou moins accomplis ; c'en est fait de ces heureux jours d'illusion "^. » Le disciple enthousiaste du xviii*' siècle est tombé dans le découragement ; vainement vous chercheriez en lui l'allègre naïveté d'espérances dont s'étourdissaient, moins de dix ans auparavant, les maîtres de la France et l'opinion des peuples. De l'âge antérieur, il ne conserve que les haines, c'est-à-dire quelque chose d'infécond : haine contre les tyrans, haine contre les prêtres. La « noire alliance » entre le despotisme et le sacerdoce demeure son cauchemar'; et sa vision s'assombrit, tremblante, devant la perspective d'« un Etat qui se rangerait sous la tutelle et la surveillance du grand prêtre pour partager avec lui le butin conquis sur la simplicité des hommes '\ » Déserté par son optimisme, meurtri dans son idéal par le choc de la réalité, dérouté par l'incapacité qu'a montrée la France à ramener sur terre l'état de nature, l'esprit de Ga^.rres, au moment oii s'ouvre le xix"" siècle, ne se définit plus que par une négation.