Philosophie de la vie, II, p
cette monarchie par l'institution d'un système de classes, de corporations, qui seraient les vrais représentants de la nation^; et « cette distinction juste et chrétienne des classes entre elles, expliquet-il, obtiendra chez tout esprit raisonnable la préférence sur l'état constitutionnel, pénible élaboration reposant sur l'équilibre des pouvoirs- )).La distinction des classes, pour Schlegel, est un phénomène concret, une donnée delà vie; la division des pouvoirs est une idée abstraite, absolue. Tout dans sa pensée, tout dans sa croyance, se ramène à la lutte contre l'absolu^; et lutter contre l'absolu, c'est lutter pour Dieu, puisque l'histoire est un conflit entre Fidolâtrie politique et le règne de Dieu.
Aussi Schlegel no permettra-t-il pas à l'absolu de se draper de la majesté de Dieu : « Le plus grand danger de l'époque, déclare-t-il, réside dans les écarts de l'absolutisme, qui pourrait abuser des principes religieux^. » Le mot vise la Sainte- Alliance, apparemment. Môme au service de Dieu, l'absolutisme était abhorré par Schlegel : a II faut bien se garder, disait-il encore, d'attacher à l'autorité divine des souverains de la terre l'idée de l'absolu; idée si dangereuse en elle-même, et si féconde en erreurs déplorables, qu'il n'est même pas possible de l'attribuer à Dieu, sans donner