Brlefiri'chsel
:\. liriefin-clisel, \). 274.
4 nrieftrechsel, p. 270.
38i PENSÉE CAttlOLïQtJE Et PEiNSÉE ALLEMANbË
pour la Sainte-Alliance, est une donnée, et c'est « par procédé » qu'on « pose » cette donnée ; et ce sera tant pis pour Dieu, pour le Dieu de l'Eglise, si ce genre d'exploitation nuit à sa popularité, et si, fragile comme une hypothèse, il devient ensuite importun comme un gendarme. Mûller, au contraire, n'introduit pas Dieu « par procédé» ; il le salue comme l'auteur et la cime de toutes choses, comme celui dont tout dérive; et son système philosophique et politique n'est en quelque sorte que l'idée de Dieu en acte'. Alors Gentz s'effraie de tant de métaphysique :
Vous m'apparaissez, signifie-t-il à Millier, comme un homme qui, perché sur une haute tour isolée, inaccessible, offrirait un somptueux régal auquel de temps à autre il convierait les spectateurs d'en bas. Le prince (Metternich) et moi ne demandons pas mieux ; mais comment venir jusqu'à votre tour? Vous n'auriez tout gagné que si vous pouviez nous faire comprendre que toute vraie science, toute pénétration dans la nature, toute législation, toute constitution sociale, même toute histoire, est l'œuvre d'une révélation divine et ne peut venir que de là^.
Mais Gentz est bien convaincu que Millier ne prouvera rien, et que, pour faire régner Dieu dans la mesure oii il sied qu'il règne, les expédients bureaucratiques de la Sainte-Alliance vau-
1. iJricfwechsel, p. 233. — Cf. p. 333, où Millier se défend d'avoir abuside l'idée triiiilaire : que tout véritable effet ait une tri})le cause, explique t-il. et (jue, d'ai»rès cela, l'auteur divin de toutes les bonnes choses humaines ne soit jias un }>roducteur éloij,Mié ou })i'éhistorique, mais immédiat, cette seule vraie exi)osition de la loi de causalité s'impose trop à la philosoi)hic pour ne ])oiut devenir en quelques dizaines danuées l'opinion dominante des meilleurs penseurs en Europe.