‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 3 sur 202 · PRÉFACE III · texte numérisé non relu

PRÉFACE III

la pensée religieuse, comme elle comprimait toute forme de pensée. « Si j'étais pape, disait plaisamment Thistorien catholique Hurter, je fonderais une fête annuelle d'actions de grâces pour remercier Dieu que les Évangiles n'eussent pas été écrits à Vienne. » Hurter pensait que, par ordre impérial, le manuscrit en aurait été saisi... Le veto de la censure, en effet, frappait ou retardait impitoyablement tout éveil des esprits et des âmes; le joséphisme rendait à l'Église les hommages qu'on rend à une relique. Protestante d'étiquette et protestante de fait, la dynastie des HohenzoUern ne montrait pas un moindre mépris pour l'autonomie du protestantisme, que la bureaucratie des Habsbourg pour l'autonomie du catholicisme. De force, elle rassemblait dans un même bercail calvinistes et luthériens, et châtiait par des dragonnades les âmes qui refusaient d'être des sujettes. « Le roi de Prusse, écrivait Lerminier, a ordonné aux adhérents de Luther et de Calvin de concorder ensemble; ils ont trouvé dans une indifférence profonde les facilités de l'obéissance; et sur ce concordat la philosophie, parla bouche de Hegel, a prononcé ces mots : Ils se sont unis dmis la nullité * . »

1. Lenainier, Au delà du Rhin, II, p. 177-178 (Paris, Bonuaire, 1835).

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