‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 4 sur 202 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

Bref, au delà du Rhin, dans la première moitié du xix® siècle, il n'était pas permis d'être catholique comme le voulait Rome, luthérien comme le voulait Luther, calviniste comme le voulait Calvin. Les consciences étaient serves: l'empereur d'Autriche les maîtrisait par ses fonctionnaires, le roi de Prusse par ses garnisaires.

C'était au nom de la liberté religieuse que la Réforme, jadis, s'était détachée de Rome; ce cri de « liberté » avait-il donc pf rdu toute force et toute vertu? Il avait, au xvi'' siècle, retenti contre l'Eglise; ne pouvait-il, au xix% retentir contre l'État? Quelques théologiens de la Réforme s'y risquèrent; mais ils demeurèrent impuissants contre cet esprit de servitude volontaire qui assurait à l'établissement évangélique une certaine homogénéité d'encadrement. A défaut de l'unité intérieure qui résulte d'une foi commune, les hommes d'ordre, soucieux d'un protestantisme bien administré, souhaitaient, pour leur Eglise, une certaine unité extérieure qui ne pouvait être maintenue que par une contrainte d'État; à défaut de l'invisible lien que crée la possession du même Credo, ils voulaient tout au moins un lien visible, solidement tressé par l'omnipotence du prince;

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