‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 5 sur 202 · PRÉFACE V · texte numérisé non relu

PRÉFACE V

ils auraient craint de travailler contre leur propre édifice ecclésiastique en réclamant de l'Etat la liberté de leurs rapports avec Dieu.

Ainsi, dans ces pays germaniques qui s'étaient, trois cents ans auparavant, piqués d'émancipation religieuse, il semblait que c'en fût fait, à jamais, de l'antique idée chrétienne de l'indépendance des consciences à l'endroit du pouvoir civil.

11 était réservé au catholicisme allemand de recueillir cette maxime oubliée, et de l'arborer comme une conquête essentielle du christianisme. La Prusse, tout d'abord, y vit une provocation : l'audace de l'archevêque Droste- Viscliering fut châtiée par la prison. Mais, au bout de quatre ans, l'État prussien capitulait devant les consciences libérées; la cause de l'autonomie religieuse avait vaincu.

La révolution démocratique de 1848 ratifia cette victoire : lorsque le Parlement de Francfort proclama le droit pour les sociétés religieuses de se gouverner à leur gré, il ne faisait que répéter, en les sanctionnant, les mêmes principes qu'avait jadis affirmés, à l'encontre des ministres de Frédéric-Guillaume III, le prélat catholique Droste-Vischering.

Le XVI' et le xvii' siècles avaient mis à la base

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