‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 41 sur 202 · Pacca. Œuvres, II, p. 107 et · texte numérisé non relu

Pacca. Œuvres, II, p. 107 et

3. Voir toute la série de ces incidents, et les protestations de Rome, dans Pacca, Œuvres, IL p. 207-217. et dans Stigloher, oji. vit., -p. 206-219; et. aux p. 297-324, les documents.

de réexpédier à Pacca sa menaçante circulaire; et la haute Eglise pratiquait à l'endroit du nonce une politique d'outrages, comme si Ton voulait évincer à l'avance toute possibilité d'entente future.

La lutte devenait ouverte. Les électeurs ecclésiastiques possédaient l'appui des « illuminés » et de tous ceux qui se piquaient d'un certain libertinage de pensée; ils obtenaient la sympathie de la confession évangélique, qui voyait le catholicisme rhénan se détacher de Rome. Mais les nonces avaient pour eux le peuple, grands-pères et grand'mères de cette plèbe catholique qui plus d'une fois, au cours du xix'' siècle, contraindra le haut clergé d'Allemagne à tenir compte des indications et des volontés de Rome, et qui, par un étrange renversement des choses, aura parfois à maintenir ses pasteurs dans le bercail de l'Unité, et les y maintiendra. En face des électeurs ecclésiastiques, qui s'isolaient volontiers derrière l'étiquettedeleur souveraineté, les nonces descendaient dans les cauipagnes, porteurs des dons de l'Esprit. Rellinsoni, prédécesseur de Pacca, s'arrôtant dans une ville de l'archidiocèse de Cologne, y confirmait onze mille personnes, dont le princeélecteur ne s'était jamais soucié. Pacca, dans la seule petite ville d'Arenberg, administrait le même sacrement, en quelques jours, à seize mille chrétiens, parmi lesquels il y avait des octogénaires : ils arrivaient en procession, précédés de leurs curés, suivis de leurs chariots remplis de vivres, réclamant le sacrement que l'archevêque avait toujours négligé de leur conférer; et

quelques curés disaient à Pacca que, s ils avaient été avertis de son passage, ils lui auraient amené plus de trente mille fidèles K Pour ces longs cortèges de brebis délaissées, le messager des grâces spirituelles était l'envoyé du Pape. Le fébronianisme, ensuite, pouvait revendiquer un superflu de droits pour des électeurs ecclésiastiques qui ignoraient même le strict de leurs devoirs : c'était tant pis pour eux si, au moment même où ils redoutaient pour leur juridiction la concurrence des nonces, ils abandonnaient aux nonces la besogne épiscopale par excellence, celle des apôtres 2.

L'année 1788 offrit à l'Europe un spectacle étrange : les électeurs ecclésiastiques, dans un mémoire présenté à la diète de Ratisbonne, réclamèrent une nouvelle loi d'Empire, qui suppri-

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