‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 42 sur 202 · Pacca, Œuvres, II, p · texte numérisé non relu

Pacca, Œuvres, II, p

'2. Si la religion, écrivait plus lard Pacca, était eiicorc presque partout doHiinante dans la vaste contrée du Rhin; si le culte divin avait été rétabli dans les lieux d'où lavait chassé la prétendue Réforme ; si, depuis plus de deux siècles, tous les efforts du j)rotestantisnie ])our s'introduire dans les pays catholiques avaient été réduits a néant ; si l'on y voyait encore, florissantes, de pieuses institutions, d'utiles fondations pour former la jeunesse destinée à l'état ecclésiasti(iue et pour convertir les hérétiques; si enfin la discipline était encore en pleine vigueur dans la plupart des cloîtres; si l'on comptait i)anni le clergé bon nombre d'honunes versés dans les sciences sacrées, tout cela, cet état encore si prospère, était, on peut le dire sans exagération, le fruit des labeurs apostoliques et de la vigilance des nonces ordinaires de Cologne. » i^Pacca, Œuvres, II, p. I7i>.)

nierait en terre germanique la juridiction des nonces; les riverains de la « rue des prêtres » voulaient mettre le Pape et ses délégués à la porte de TAUemagne ; et sentant que le peuple catholique était avec Pacca, c'est vers les princes qu'ils se tournaient. Mais leur proposition, telle qu'ils la formulaient, attentait à la liberté même de ces princes. Par là môme qu'un souverain, petit ou grand, voulait être maître chez lui, n'avait-il pas le droit, si bon lui semblait, de tolérer et même de bien accueillir, entre ses frontières, l'activité spirituelle d'un nonce ? C'est ce que soutint Charles- Théodore de Bavière ; et sa thèse prévalut. Que les métropolitains s'entendissent mal avec Rome, c'était affaire à eux ; mais à quel titre prétendaientils, par une loi d'Empire, obliger tous les princes d'Allemagne à manquer de courtoisie au Saint- Siège? Les susceptibilités des princes s'offusquèrent, comme s'étaient offusquées, au lendemain du Congrès d'Ems, les susceptibilités des évéques, et l'acte d'accusation dressé par les métropolitains contre Pacca ne reçut aucune sanction ^

Les souverainetés laïques avaient refusé d'inlliger à Rome l'affront définitif que ces hauts prélats avaient concerté. Ils trouvèrent, en 1790, une faible revanche; la capitulation que signa le nouvel empereur Léopold contint quelques lignes formellement oflensantes pour la juridiction des nonces'-. Mais les archevêques d'Allemagne étaient les premiers à sentir que ce n'étaient là que des formules de style. Dans leur duel contre Rome,

1. Pacca, Œuvres, II, p. 234-238. — Slif^lohcr, np. cil., p. 235-23G. 2 Pacca Œuvres, p. 254-257- — OHo Meier, op. cit.,l, p. 130-130.

ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes. Héritiers malencontreux des erreurs d'optique de Febronius, ils avaient, comme lui, méconnu la marche de l'histoire ; en s'ingéniant, comme ils l'eussent fait au xv^ siècle, à provoquer une manifestation des Etats laïques en faveur des principes antiromains, ils n'avaient point voulu s'apercevoir que désormais chacune des souverainetés laïques avait en matière religieuse une politique personnelle, concertée d'après ses propres intérêts. Il était trop tard pour demander aux princes d'agir systématiquement au nom du fébronianisme ou d'offrir une satisfaction posthume aux Pères de Bâle : la raison d'Etat était la seule raison dont à l'avenir les conseils princiers s'inspirassent.

Alors les métropolitains déçus ébauchèrent un mouvement de résipiscence. Trêves, Cologne, Salzbourg, firent tour à tour amende honorable au Saint-Siège ' . Mayence restait debout : Tarchevèque Erthal caressait avec acharnement la pensée d'un synode qui bouleverserait dans son diocèse toutes les traditions religieuses et tous les usages liturgiques ; il recueillait à l'avance les avis de ses conseillers contre le célibat des prêtres, contre la somptuosité du culte, contre les processions, contre la messe latine 2. C'est quatre jours après la prise de la Bastille qu'Erthal eut assez de loisir d'esprit

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