‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 44 sur 202 · Stigloher. o;). cil., p · texte numérisé non relu

Stigloher. o;). cil., p

80 DU JOSÉPHISME AUX COîSCORDATS

siaslique de Mayence : l'arrivée des troupes de Gustine, c'était le retour de la messe du Pape! Le propos est curieux dans ces bouches de ruraux ; il atteste que les masses catholiques gardaient un sens religieux assez sûr et assez intact pour résister aux caprices fugitifs de leurs chefs spirituels, une foi correcte que rien ne pouvait fléchir, une piété ardente que rien ne pouvait attiédir. Il y avait là, dans la conscience populaire, une sorte d'assise sur laquelle, avec le temps, au lendemain des révolutions dont ces foules elles-mêmes seraient les ouvrières, se pourrait réédifier le catholicisme germanique.

La Révolution française, d'abord, devait porter au fébronianisme un terrible coup ; elle préserva de toute récidive l'esprit de rébellion des métropolitains, en effaçant de l'ordre du jour les discussions théologiques et de la carte d'Allemagne les principautés ecclésiastiques. Où donc était, en 179 i-, cette Eglise germanique d'antan?

Après l'avoir connue riche, hautaine, insolente, Pacca la voyait désormais fugitive, apeurée, piteuse; il la recherchait à Cologne, à Trêves, à Mayence, et ne la trouvait plus. Les trois archevêques-électeurs, à l'approche de nos armées, avaient abandonné leurs résidences; Pacca seul restait sur le Rhin, dernier représentant de la puissance ecclésiastique en face des trou pesde la Convention. Ne voulant pas ressembler au pasteur mercenaire, qui prend la fuite à l'approche du danger, il ne regagna Rome que lorsque le Pape le rappela '.

Page 1