Pacca. Œuvres, II. p
L'autorité des archevêques s'était évadée, laissant derrière elle, sans le vouloir, l'autorité du nonce ; l'interminable litige soulevé par le Congrès d'Ems était, en fait, indirectement dénoué par la Révolution. Nous verrons ressusciter les principes fébroniens, dans le cerveau de Wessenberg ; ils feront encore du bruit dans le monde, mais ce sera le bruit de leur effondrement ; et c'est au fébronianisme, bien plutôt qu'à l'Eglise elle-même, que la spoliation du clergé allemand aura porté préjudice. Le jour où l'épiscopat cessa d'être une puissance terrienne devait en eifet consommer la décadence du fébronianisme ; le prêtre sans terres prend tout de suite conscience de l'universalité de l'Eglise, et tout de suite ses pensées ôuiigrent vers Rome. C'est ainsi que le clergé allemand du xix*" siècle se rattachera de plus en plus au Saint- Siège, par le fait seul de son appauvrissement. N'ayant plus un sol qui soit à lui et dans lequel il puisse enraciner ses libertés, et rencontrant en face de lui, dans les grands et petits Etats, les maximes et les procédés du joséphisme, c'est à 'Rome que, pour s'émanciper, il cherchera peu à peu son point d'attache. L'Eglise opulente s'était avec Febronius faite l'auxiliaire de Joseph II; l'Eglise ruinée par la Révolution laissera dormir en paix, dans les bibliothèques publiques formées avec ses dépouilles, les in-quartos de Febronius, et commencera la lutte, partout à travers l'Allemagne, contre les innombrables législations dans lesquelles le joséphisme survivait à Joseph IL