‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 46 sur 202 · NAPOLÉON ET L'ÉGLISE D'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

NAPOLÉON ET L'ÉGLISE D'ALLEMAGNE

La ruine de l'Eglise d'ancien régime.

L Les sécularisations : origine prussienne de l'idée de sécu larisalion. — Le Congrès de Rastadt. — Le recès de Ratisbonne enregistrement des décisions prises à Paris. — Les procédé; de la sécularisation : exemple de la Bavière. — Les effets d( la sécularisation : dispersion des bibliothèques et ruine dci Universités. — Les sentiments de Pacca et du Saint-Siège.

IL Un problème nouveau : faire vivre en terres protestante; des sujets catholiques. — Rapports antérieurs de la Prusst protestante avec ses sujets catholiques. — La Prusse et 1( Saint-Siège; mission de Guillaume de Ilumboldt; principes de politique religieuse du Gouvernement prussien. — Applicatior des principes joséphistes en Wurtemberg et en Bade. — La politique religieuse de la catholique Bavière : le gouvernemeni de Montgelas. — Ruine de l'autorité épiscopaïe : les Landesbischôfe.

III. Un vestige de l'Eglise déchue : la dignité d'électeui archichancelier. — Dalberg : ses titres successifs. — Achèvement de la sécularisation par le traité de Paris. — Portrait de Dalberg : sa notoriété dans l'Allemagne littéraire, sa médiocrité comme homme d'Eglise. — Dalberg et Napoléon. — Dalberg et le Saint Siège.

IV. Difficultés d'un accord entre l'Allemagne et Rome. — Velléités concordataires de la Bavière. — Négociations entre Rome et Vienne pour un Concordat concernant l'ensemble de l'Empire : leur insuccès. — L'idée d'un Concordat d'Empire, reprise par Napoléon. — Correspondance entre cette idée et I0

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fondation de la Confédération du Rhin. — Avances multiples dont la cour de Rome est l'objet. — Rêve d'une primatie, caressé par Dalberg. — Résultat de la captivité de Pie VII : impuissance de Napoléon à réorganiser l'Eglise d'Allemagne.

« La conservation de la religion en Allemagne était un véritable prodige%), écrit, au terme du récit de sa nonciature, le cardinal Pacca. Et il ajoute: a Loin de pouvoir affaiblir les couleurs du tableau si triste, si déplorable, que j'ai déjà fait .de l'état de la religion en Allemagne, par rapport aux lois des princes et à l'enseignement universitaire, je dois dire que ce tableau s'était rem- 'bruni durant les neuf ans de ma nonciature, et que je sortis de l'Allemagne le cœur profondément affligé des maux présents, et gros du triste pressentiment d'un plus funeste avenir '... » On comprend, à distance, que Pacca ne regrettât point le passé, et qu'il fût en même temps ému de ce que la destinée réservait à l'Eglise germanique. H laissait derrière lui, en Allemagne, de fort bons shrétiens, et en grand nombre ; mais chaque jour s'effritaient les cadres de l'Eglise ; chaque jour, quelque morceau de cet antique édifice tombait în poussière. L'éclat de la Révolution française ivait foudroyé, brutalement, cette institution d'anîien régime qu'était l'Eglise d'Allemagne. La douceur de vivre, où se prélassaient un certain lombre des dignitaires ecclésiastiques, ne tra- /ersa môme pas une crise d'inquiétude : subiteïient elle fut détruite, en une irréparable ruine.

Entre le régime ancien qui les avait faits

li Pacca, Œuvrea, II, p. 281

princes et le régime nouveau qui les voulut rendre fonctionnaires, entre l'époque où ils étaient tout et celle où il leur serait à grand'peine permis d'être quelque cliose, plusieurs années s'écoulèrent, durant lesquelles ils ne furent rien : l'Eglise d'Allemagne s'affaissa dans le néant.

Le traité de Gampo-Formio, en cédant à la France la rive gauche du Rhin, avait frustré de quelques morceaux de terre et de quelques milliers d'âmes beaucoup de souverainetés allemandes; elles dépêchèrent leurs représentants au Congrès de Rastadt, et là, on chercha les moyens de se dédommager. Quoi qu'en aient dit certains publicistes d'Allemagne qui ont voulu faire peser sur la France seule la responsabilité de la sécularisation ^ c'est la Prusse la première qui, dès

1. C'est en réponse à ces publicistes que, dès 1829, Bignon écrivait : « On s"est depuis livré à de violentes déclamations sur ces prétendus envahissements de droits par le Premier Consul, mais est-ce au chef du Gouvernement français ou à toute lAllemagne qu'il faut en faire le reproche? Quand la Prusse, quand tous les Etats de l'Empire germanique, l'Autriche soûle exceptée, parce qu'elle sait qu'on ne lui ferait pa.' une large part, pressent le Premier Consul de leur dispenser ces bien? ecclésiastiques dont ils sont avides, le crime serait-il pour celui qui 1<^ donne, et l'innocence, avec le bénéfice, pour ceux qui les reçoivent? L^ partage, il faut l'avouer, serait étrange ; mais, outre qu'il eût été absurdi (jue le Premier Consul se fût refusé ;l l'exercice d'une suprématie quoi se plaisait à reconnaître en lui, cette usurpation, si c'en était une, avai l'excuse d'un grand intérêt, on pourrait môme dire d'un intérêt européen puisqu'il s'agissait d'ôter aux ennemis de la paix les nombreux moyen d'agitation que pouvaient ofifrir les affaires d'Allemagne ». [Histoire d France depuis le 18 brumaire jusqu'à la paix de Tilsitt. II, p. 324-325.)

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