NAPOLEON ET L EGLISE D ALLEMAGNE «D
l'année 174'.3, avait émis cette idée d'employer les biens d'Eglise pour arrondir ou pour indemniser royaumes et principautés laïques i : Benoît XIV, puis Clément XIII- s'en étaient alarmés. Les légistes qui, répondant à l'appel du baron de Bibra, étudièrent, entre 1785 et 1789, le gouverment des principautés ecclésiastiques '^j commencèrent d'échafauder, au terme de leurs études, une sorte de théorie de la sécularisation. La Révolution française aidant, cette théorie flatta les esprits qui se piquaient de lumières ; et tout naturellement, les congressistes de Rastadt devaient songer à rappliquer, pour réparer les domuiages territoriaux qu'ils avaient subis à Campo-Formio. Ils reprirent, en chœur, la vieille idée prussienne de Frédéric 11^; et le cadastre des terres ecclésiastiques de l'Empire servit d'échiquier pour les jeux des diplomates''. Une guerre nouvelle interrom-
1. Eii 1743, Frédéric II el la cour de Londres élal)orérent un prcjjet do paix entre Charles VII et Marie-Thérèse, d'après lequel la Bavière serait transformée en royaume et agrandie par des sécularisations; l'évèque de Salzbourg et Benoît XIV s'inquiétèrent (Briick, I, p. 29-30; — Scheglmann, Creschichte der Sakularisation im rechtsrheintschen Bayern, I. p. 3-6). — Cf. dans Pacca, Œuvres, II, p. 239, le texte du bref de Benoît XIV à l'évèque de Lemberg.
2. Clément Xin, dans une lettre de 1758 aux divers souverains, se plaint que les princes non catholiques rêvent de nouvelles spoliations de l'Eglise, « comme si la paix ne pouvait être conclue entre les souverains chrétiens sans que la robe du Christ fût déchirée. » (Brûck, I, p. 30-31.)