‹ L'Allemagne religieuse (volume 2)Chapitre 74 sur 202 · Ilayni, op. cit., p · texte numérisé non relu

Ilayni, op. cit., p

?. Lichtenbcrger, loc. cit., p. (Ki.j. — Haym. op. ci/., p. 494, G87 et 874.

3. Sur cette société juive de Berlin, voir Hillebrand, Bévue des Deux Mondes, 15 mars, 1" mai et 1" novembre 1870; et Denis, VAllemar/ne, 1789-1810, p. 226-2:7. — Le culte de Rahel Levin (plus tard M™« Varnhagen) pour Gœthe. est lé^jendaire: voir à ce sujet les souvenirs du marquis de Custine, dans Varnhagen von Ense, iJenkicûrdii/keilen des eiijeneh Lebens, VIII, j). 705-710 (Leipzig, Brockhaus). et Dre-ch, Gutzkow et la Jeune Allemagne, p. 148-150 (Paris, Hachette, 1904). — Cf. l'article de Sainte-Beuve au tome II des Lundis sur Gœthe et Bettina Brentano qui « s'agenouillait en Gœthe », suivant le mot de Bœrne.

4. Lichtcnberger loc, cit., }). 798. — M. Raich a publié la correspondance de Dorothée Schlegel et de ses fils les deux Veit, sous le titre :

114 PEINSÉE CATHOLIQUE Et PENSÉE ALLEMANDE

Il y eut attente, puis effarouchement, puis scandale, dans les cercles intellectuels, lorsqu'on apprit, en l'année 1800, l'étrange démarche qu'accomplissait àMimsterun aristocrate de naissance, qui par surcroît occupait un rang d'élite dans l'aristocratie des hellénisants, le comte Frédéric Léopold de Stolberg K Jl avait habitué ses contemporains à s'étonner de lui. Jeune, il les déconcertait par ses mystifications ou les inquiétait par ses exubérances, soit qu'attablé chez la mère de Gœthe, il demandât à boire du sang des tyrans, soit qu'il affectât, en ses baignades, de se mettre à l'état de nature, pour gêner, à la façon d'un demi-dieu d'autrefois, les naïades des lacs suisses-. Des fonctions d'Etat et d'Eglise, jointes aux progrès de l'âge, rendirent Stolberg plus sérieux : il devint, en 1793, président de gouvernement et de consistoire dans la petite ville d'Eutin, qui avait pour souverain le grand-duc d'Oldenbourg, prince-évôque de Lubeck ; il était une manière de préfet dans un Etat ecclésiastique luthérien.

La philosophie du siècle ne l'avait jamais beaucoup tenté : il la fustigeait, dès 1784, dans plusieurs de ses ïambes'; et de longue date il dé-

Dorot/a'd vo}i Sr/ili-i/rl rjcb. Mt'ndchsolni vnd deren So/ine Johmnies und Philijip Vcil, Briefwec/ificl, 2 vol. (Mayeiico, Kirchht'iiii, 1881.)

1. Voir toute la bibIio{j;rapliie couconiaut Frédéric-Léopold de Stolherg (17:)0-1819), dans Gœdeke-Gœtze. IV, p. 393-397.

2. Goethe. Poésie et Vérité, livres XVllI et XIX, dans les Métiiuircs. trad. Carlowitz, I, p. 370 et 387-388.

3. Jaussen, Friedrich LcopoLd Graf zu Stolberg. 1, p. 13Î-142.

KOMANTISME ET CATIlOLiClSME il^

testait ce qu'il appelait le poison de Voltaire ' ; il n'était pas jusqu'aux disciples couronnés des philosophes, grands et petits princes jaloux de s'enrichir aux dépens des biens d'Eglise, que Stolberg ne poursuivît de ses rimes acérées ^ Son esthétique môme lïnsurgeait contre le rationalisme de l'époque : devancier des romantiques, la poésie était pour lui comme une sœur terrestre de la religion -^ ; il refusait son encens aux dieux de la Grèce, blâmait Schiller de les avoir chantés, et guerroyait contre un certain paganisme littéraire en proclamant que la poésie, si elle n'est pas consacrée à la vérité, scintille, mais ne ;réchauiTe point ^. Son imagination comme son cœur avaient besoin d'une certaine profondeur de christianisme. Il demandait aux théologiens protestants de le satisfaire, mais son attente était vaine. Sur leurs lèvres, dans leurs œuvres, il cherchait la foi ; etce qu'il y trouvait, c'étaient des coquetteries précaires et bourgeoises à l'égard de la sécheresse rationaliste. La Réforme, à cette époque, descendait une pente fort ingrate ; c'est en dehors de ses cadres officiels que surgissaient des mystiques comme Hamann, comme JungStilling,

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