Gkierres, Poliii^che Schriften, IV, p
4. Cette exjwsition préluda aux divers Kunstvereine qui, de IffJO à 1830, se fondèrent à Karlsnihe, Munich, Berlin, Dresde, Dusseldorf (HowiU, op. cit., II, p. 542). — C'est Overbeck qui avait conçu le dessein d'une telle exposition, pour lutter contre l'influence de l'art académique et de la nouvelle école française. Le premier projet date de 18!4. L'exposition, en 1819, coïncida avec la visite de l'empereur d'Autriche à Rome; mais les jeunes Nazaréens furent signalés à l'empereur comme se rattachant au révolutionnaire Jûnqlintfêbund (Howitt, op. cit., I, p. 447-44H). — Voir, dans une lettre de Hœhiner, écrite de Rome le 23 mars 1810, des détails
la portée religieuse et nationale *, étalait à une place d'honneur un tableau de Veit : le Triomphe de la Religion 2.
« Le peuple allemand a succombé parce qu'il a oublié son caractère, sa finalité, son histoire, parce qu'il s'est oublié lui-même ; il ne peut renaître que si, reconnaissant de nouveau son caractère et sa finalité, il retourne à son histoire et reprend conscience d'être une nation*^. » Ces lignes sont signées de Gœrres et datées de 1810 ; elles étaient comme un programme, que Gœrres et ses amis réalisaient. C'était en l'année d'Austerlitz que l'Allemagne, avec Arnim et Brentano pour maîtres, réapprenait à chanter comme elle l'avait fait au moyen âge, et que Gœrres enthousiaste leur décernait à l'un et à l'autre la couronne civique^; c'était en l'année d'Iéna, au moment où se fermait la tombe du Saint-Empire, que le romantisme historique et littéraire, réfugié à Heidelberg, s'essayait à rouvrir la tombe du vieux peuple allemand ; c'était enfin parmi les décombres accumulés par les guerres que les inoffensifs Boisserée recueillaient les éléments d'une puissante résurrection. Tandis que le rationalisme protestant, dont Voss était « le grand inquisiteur^ », s'acharnait contre ces initiatives, et tandis que « l'esprit artiste de Gœthe », suivant les mots de Henri Heine, « engourdissait la jeunesse et s'op-
8ur la réception qu'on prépare à l'empereur et sur la prochaine exposition des artistes allemands ( Janssen, ^d/jmer'5 Leben und Briefe, II, p. kl).