Diel-Kreiten, op. cit., I, p
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posait à la régénération politique de la patrie* », il semblait que, sous la bannière du christianisme, — et du christianisme catholique, — se préparât à longue échéance une reviviscence de l'âme allemande; et lorsque Bonn et Cologne, plusieurs années durant, se disputaient l'honneur de posséder la grande université rhénane, Cologne alléguait auprès du roi de Prusse, pour essayer de faire triompher ses ambitions, son caractère de cité catholique, de cité gothique, d'école vivante d'art nationale.
Si quelque prophète, en 1815, eût prédit qu'un jour une Allemagne unifiée profiterait sans délai de sa grandeur reconquise pour engager une lutte contre l'Eglise romaine, ni les romantiques du pinceau, auxiliaires toujours conscients de l'idée germanique, ni les romantiques delà plume, auxiliaires parfois inconscients de l'idée catholique, n'eussent rien compris à ce futur caprice de la destinée.
\. " Nous, hoinines de la Révolution, nous blâmions la stérilité de la parole de Gœthe, l'esprit artiste qui se répandit par lui en Allemagne, qui engourdit la jeunesse et s'opposa à la régénération politique de notre patrie. » (Henri Heine, De l'Allemagne, I, p. 237.) Gœthe, au moment du soulèvement de l'Allemagne contre Napoléon, refusa au jeune Bôhmer de composer un chant national Sepp, Gœrres und seine Zeityenossen, p. 110). Voir, dans Raich, Dorothea Schlegel, II, p. 98-09, une lettre de Dorothée à Varnhagen, en 1812, sur le manque de patriotisme de Gœthe. — Cf. le jugement de AVolfgang Menzel, en 1827, dans »a Geschichte der deutscken Litleratuv, opposant les romantiques à 1' «épicurien » Gœthe, qu'il accuse d'immoralité et de lèse-patrie (Spenlé, Novalis devrait la critique, p. 16). — Voir enfin, sur l'indifférence politique de Gœthe, Cavaignac, la Formation de la Prusse contemporaine, I, p. 187-189 (Paris, Hachette. 1891).
2. Voir, sur cette lutte, qui aboutit à la fondation de l'Université de Bonn, Sybel, Kleine Historische Schriften^ II, p. 409 et suiv. (Munich» Literarisch-Artistische Anstalt, 1869), et spécialement, p. 432-445, le curieux mémoire adressé à Hardenberg en faveur de Cologne, et que Sybel croit être de Frédéric Schlegel.