Aicbinger, op. cit., p
3. Martin Vôlk (1787-1848) avait été chapelain dans la paroisse où Lindl était curé. Excommunié, en 1823, par l'évéché d'Augsbourg pour sos attaques contre l'Eglise visible et la hiérarchie, il rentra dans l'Eglise en 1826. Dans ses JHemoirea eiiies Obêkuranten, publiés par le bénédictin Sattler (Kempten, Kosel, ISîMi), le vieux prélre Magnus Jocham, professeur au lycée de Kreising, donne de nombreux et intéressants souvenirs sur Vôlk et sur le mouvement mystique : nous y voyons que Vôlk, très versé dans la connaissance du grec (p. 35) et dans celle de l'Ecriture Sainte (p. 58-59), reprochait à la scolastique de vouloir anatomiser la rédemption, nommer l'indicible, et de faire du dogme une œuvre humaine à laquelle Aristote avait plus de part que l'Esprit (p. 80). En 1848, quelques anciens adhérents de Lindl vinrent chercher Vôlk dans sa paroisse, « pour mettre un terme à la tyrannie». Vôlk les éconduisit, et mourut peu après. (Jocham, op. cit., p. 5ti6-569.)
4. Voir sa lettre à Gossner du 6 janvier 1816 (Aichinger, op. cit., p. 303 et suiv.), et ses conseils à un curé (p. 307) ; — et cf. Ringseis, Erinnerun- Qcn, I, p. 336 et 343 et suiv,
s'il ne reconnaissait pas, dans leurs propos et leurs aspirations, quelque souffle de son Esprit ; après 1816, il épiait ce souffle et ne le sentait plus. Les allures audacieusement séparatistes qu^aff'ectaient désormais ces mystiques lui paraissaient incompatibles avec l'inspiration de Dieu, du Dieu de l'unité.
Je le répète, écrivait-il, Dieu sait que je ne mens pas: je regarde toute fondation de secte, toute séparation d'avec TEgiise, et j'entends ici l'Eglise catholique romaine :
1° Comme inintelligente au suprême degré, car une confession ne peut subsister en cette séparation, mais doit se dissoudre, d'abord en une anarchie de croyances, et ensuite dans le néant;
2^ Comme coupable, car, si nous nous séparions de la doctrine, des sacrements de l'Eglise, de la hiérarchie, du centre de l'unité, nous serions isolés, par là, de la source de la vie spirituelle. Christ est mort pour l'union ; qui devrait vouloir vivre pour la séparation ^?
L'Eglise romaine, cependant, fut rigoureuse envers Sailer : il expia, par une longue attente delà dignité épiscopale, les complaisances qu'il avait témoignées pour le sens propre des mystiques. Le bienheureux Hofbauer, le célèbre Rédemptoriste de Vienne, qui aimait le sens commun et la commune orthodoxie, fit savoir à Rome, où son