‹ L'Allemagne religieuse (volume 3)Chapitre 20 sur 215 · Kùntziger, op. eit., p. 64-tJ · texte numérisé non relu

Kùntziger, op. eit., p. 64-tJ

Quant aux nonces, ils informaient successivement la Cour de Rome que le terrible ouvrage, hautement patronné par le Sénat de Venise, était l'objet dans cette ville d'une réédition latine et d'une version italienne; qu*en France, on le traduisait à deux reprises; qu'en Espagne, le Conseil même de Castille couvrait en partie les frais d'une impression nouvelle, et que ce livre, suivant l'expression du futur cardinal Caprara, « servait de Gode à la Cour et à la Nation* » ; qu'en Portugal se publiait un Febronius latin, puis un Febronius portugais, qui même se distribuait gratuitement; qu'en moins d'un an plus de 700 exemplaires s'en vendaient à Vienne; et que l'Allemagne enfin, après avoir lancé dans le monde ce séditieux latin, faisait le succès d'une traduction allemande 2.

Sous divers formats, en diverses langues, Febronius accomplissait son tour d'Europe : les Gouvernements lui souriaient, et Choiseul écrivait : « Les motifs de l'animosité de la Cour de Rome font trop d'honneur à ce prélat savant et vertueux, pour croire qu'ils puissent porter atteinte à l'estime et à la confiance de l'Electeur de Trêves pour lui. Si le livre de Febronius a pu répandre la doctrine de l'Eglise gallicane dans les autres Etats catholiques, c'est une obligation immortelle que ces Etats auront à ce prélat -^ »

Les réfutations surgissaient, l'une après l'autre : l'uned'entre elles, même, était signée d'un théologien dont l'Eglise fera plus tard un docteur, saint

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