‹ L'Allemagne religieuse (volume 3)Chapitre 27 sur 215 · Voir, sur ces influences, Wolfsgruber, op. cit., p · texte numérisé non relu

Voir, sur ces influences, Wolfsgruber, op. cit., p

^. Joseph, écrivant à Clément XIV, en 1769, une lettre de courtoisie, 1^

Lejoséphisme reproche au Pape de briguer les droits des souverains et de briguer les richesses des sujets : théocratie et fiscalité doivent être sévèrement tenues à l'écarté Suspecte est la dignité cardinalice : elle fait des vassaux de Rome et fut d'ailleurs inconnue du Christ et de ses apôtres-. Suspecte est la fonction de nonce; Joseph II, apprenant que le représentant du Pape se propose de voyager en Hongrie, écrit à Kaunitz : « Ce ne peut être qu'une ladrerie pour manger gratis chez les évêques et prélats, en même temps qu'il parsèmerait ou échaufferait de ses principes toutes les contrées qu'il parcourrait'^. » Ainsi soupçonnet-on, dans tout envoyé de Rome, un parasite en travail de conspiration; et Kaunitz sait insinuer à l'empereur de ne point se « laisser ennuyer des mielleuses représentations du nonce ^ ».

C'est par condescendance que l'Etat laisse circuler certaines bulles, c'est au nom d'un droit strictement rigoureux qu'il prohibe certaines autres^.

fait connaître à Marie-Thérèse et ajoute : « Si j'ai dit quelque chose de trop ou trop peu, cela ne tirera pas à conséquence; cette lettre étant sur un ton si familier qu'elle ne pourra jamais être adulte {sic) comme document dans les archives du Vatican. » {Maria Theresia und Joseph II, édit. Arneth, I, p. 278.) Nous saisissons, dès ce premier acte des rapports du jeune Josei)h avec la Curie, l'esprit de défiance prévoyante et défensive qui animera tous les actes de son règne.

1. Kaunitz dénonçait, connue les deux bases du « despotisme spirituel de la monarchie romaine », l'infaillibilité du Pape et l'obéissance aveugle exigée par le Pape et les évêques: d'une part, disait-il, il y a une chaîne pour l'intelligence ; d'autre part, une chaîne pour la volonté (Wolfsgruber, op. cit., p. 527-528).

2. Lire ce que pensait Heinke de la dignité cardinalice, dans Wolfsgruber, op. cit., p. 481.

3. Joseph II, Leopold II und Kaunitz, ihr IJriefwechsel , édit. Adolf Béer, p. 104 (Vienne, Braumullcr, 1873). La lettre est du 11 août 1781.

4. Joseph II, Leopold II und Kaunitz, p. 49. La lettre est du 25 mars 1781 .

5. Wolfsgruber, op. cit., p. 489-492: Joseph II décide, en 1781, que toute

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Le serment de fidélité que les évoques prêtent au Pape doit être modifié, de façon plus compatible avec les prérogatives souveraines de TEtat^ Les milices monastiques ont, en dehors de l'Empire, des généraux, qui peuvent devenir les émissaires occultes de Tinfluence papale ; entre ces généraux et ces milices, toute correspondance doit cesser^. L'Eglise d'Autriche, ramassée sur elle-même, doit accepter, finalement, Tétreinte protectrice de ces paternels despotes qui s'appellent les bureaucrates ; et lorsque seront remaniées, par la volonté souveraine du prince, les circonscriptions diocésaines qui livraient à la juridiction d'évôques étrangers certaines parties du territoire^, lorsque

bulle, mémo dogmatiqiio, a besoin de placet : car les bulles dogmatiques ont parfois des annexes qui concernent la discipline, et les matières disciplinaires sont de la compétence du pouvoir civil. Ainsi, pîis un mot du Pape ne pourra retentir en Autriche sans que le permette l'ordonnance du souverain. La proscription spéciale de la bulle Unùienitus et de la bulle in Cœna Do-mini repose sur le même principe : il suffit que ces deux documents portent ombrage au pouvoircivil, pourque le pouvoircivil lesexpulse (Wolfsgruber, op. cit., ]). 50O-ô9l. — Cf. Hosch : Archiv fur Kathoîisches Kirchenrecht, 1904, p. 496). 11 était d'ailleurs assez curieux de voir l'Autriche s'escrimer contre cette bulle m Cœna Domini, puisque, dès son avènement, Clément XIV, ayant égard au mouvement d'opinion provoqué dans les diverses cours par l'ouvrage de Le Bret, supprima l'usage de publier annuellement cette bulle le jeudi saint.

1. Voir sur cette question du serment, qui fut très épineuse, Wolfsgruber. op. cit., p. 492 et 627, et Schlitter, op. cit., p. 168, 182, 183, 187, 192.

2. "Wolfsgruber, op. cit.. p. 163. — Rôsch, loc. cit., 1904, p. 513-526. Sur l'application de la même mesure aux Pays-Bas, voir Eugène Huhert, le Voyage de l'empereur Joseph II dam les Paya-Bas (13 mai \18\-21 juillet 1781), p. 228-235, et, aux pages 330-339, le rapport de Kaunitz à l'empereur. Le travail de M. Hubert se trouve au tome LVIII d(^s Mémoires couronnés et Mémoires des savants étrangers, puhliés par l'Académie ro>aIe de Belgique (Bruxelles, 1900).

3. Wolfsgruber, op. cit., p. 7.30 et suiv. — Ileinke, naturellement, revendique pour le prince seul le droit de délimiter les diocèses. C'est aussi lavis du canoniste Eybel (Wolfsgruber, op. cit., p. 375). — Cf. la lettre de Joseph II à Léopold. du 17 uovembre 1783 : « Je conununique au Pape la distribution des évéchés que j'ai jugé à propos de faire dans mes provinces allemandes. Vous verrez par la copie ci-jointe qu'il y en a cinq de nouvelle création. Vous y trouverez aussi les personnes que j'y nomme, qui sont

sera diminué le nombre des moines, considérés comme des sujets inutiles*, lorsque enfin seront multipliées les cures de campagne^, et lorsque, dans chacune de ces cures, fonctionnera une école de morale et de subordination au souverain, Joseph II, s'exaltant de son initiative rationnelle, se réjouira d'avoir fait entrer l'Eglise dans la contexture même de l'Etat.

Des théoriciens sont nécessaires pour définir et réglementer cette insertion de l'Eglise dans l'Etat : ce sont les canonistes.Ilsdéduisentleurs maximes, simplement, de ce droit public abstrait que par ailleurs les philosophes édifient; les prérogatives de l'Empire, jura imperii, une fois définies, on en tire, par raisonnement, la délimitation des frontières entre l'Empire et le sacerdoce, jura sacerdotii; et cette délimitation est un objet de science politique^. La besogne relève des Facultés de droit beaucoup plus que des Facultés de théologie ; c'est donc à la Faculté de droit, par ordre de Marie- Thérèse, que les candidats à la cléricature rece-

aussi les moins mauvaises que j'ai pu ramasser. » [Joseph II und Leopold von Toscana, I, p. 181.)

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