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Nôrber, loc. cit., XII, p

LA RÉORGANISATION DE l'ÉGLISE 123

aune restauration et aune organisation nationale de l'Eglise allemande* », et, en 1815, il fit de lui son coadjuteur.

Le travail de Wessenberg à Vienne exposait Rome à de graves périls. Ce n'est pas que Tancien vicaire général de Constance groupât autour de lui une nombreuse école théologique ; car la plupart des ecclésiastiques imbus des idées fébroniennes inclinaient vers une combinaison qui, dans l'étroite enceinte de chaque Etat, asservirait l'Eglise au maître du sol 2; et, si l'on excepte une brochure de Kopp, intitulée : Idées pour Porganisation de r Eglise allemande^ contribution au futur Concordat^, le « patriarcalisme » deWessen-

i. Beck, op. cit., p. 71.

2. Tel, par exemple, le Wurtembergeois Benoît-Marie-Léonard Werkmeister (1745-1823), ancien bénédictin, qui dirigeait réellement, à cette époque, la politique ecclésiastique du Wurtemberg. Voir, sur ce personnage, Schulte, op. cit., III, I, p. 277-280. Son projet d'une nouvelle constitution de l'Eglise allemande est analysé par Otto Meier, op. cit., Il, i, p. 43-45 ; Werkmeister est opposé à l'idée dune primatie; car, disait-il, le Pape est déjà un premier étranger dans l'Etat, le primat en serait un second (Brùck, I, p. 319). — Tel, aussi, en Bade, le bureaucrate Ignace Haeberlin, qui expliquait que, par l'elTet de la sécularisation, les droits des chapitres étaient supprimés ; que la prérogative d'élire l'évèque, exercée par le peuple dans la primitive Eglise, appartenait désormais au prince ; qu'il n'avait qu'à expédier au Pape la nouvelle du choix qu'il avait fait ; et que, penser autrement, c'était être un « Hildebrand » et un coquin {Schurk) (Brûck, I, p. 319-322).

3. Voir, sur Georges- I^uis-Charles Kopp (1774-1834), Schulte, op. cit., III, I, p. 316-317. Sa brochure, publiée vers la fin de 1814 à l'instigation de Balberg, dont Kopp avait été le chapelain, est analysée dans Otto Meier,

berg ne ralliait qu'un médiocre nombre d'hommes d'Eglise. Mais Wessenberg avait derrière lui Dalberg, qui, déchu de son grand-duché, aspirait du moins à garder sa primatie et à l'étendre désormais sur l'Allemagne tout entière; et quant au chancelier de Metternich, qui souhaitait un accord d'ensemble entre le Saint-Siège et le Corps germanique -^ désormais restauré sous l'égide de l'Autriche, — il ne répudiait pas Tespoir d'obtenir de Wessenberg, désireux, lui aussi, d'unifier l'Eglise allemande, un concours précieux. Quelque temps durant, le plus révolutionnaire des théologiens allait posséder la confiance du moins révolutionnaire des hommes d'Etat, et, pour Wessenberg, cette confiance était une force.

Restaurer dans ses droits originaires et imprescriptibles la communauté chrétienne : tel était le but suprême de Wessenberg. Une Eglise nationale allemande, dépendante d'un primat, régie par des statuts qui seraient partie intégrante de la constitution germanique, tenue sans cesse en haleine par des synodes diocésains, provinciaux et nationaux, et protégée contre le Pape par cette triple barrière du synode, de la primatie, et de la loi fédérale, serait l'organe approprié pour la réforme du catholicisme universel*. Il n'y avait pas

op. cil , II, I, p. 37-39. On trouvera dans Otto Meier, op. cit., II, i, p. 45-52, l'analyse de quelques autres écrits du temps, reproduisant plus ou moins les idées de Wessenberg.

1. Beck, p. 71 et suiv. C'est dans son Mémoire remis au Congrès le 27 novembre 1814 (Klûber, Akten des Wiener Congresses, IV, p. 299-304), et dans un projet supplémentaire non daté (Klûber, Akten des Wiener Congresses, IV, p. 306-307), que Wessenberg définissait ainsi ses idées ; et

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