LA RÉORGANISATION DE L^ÉGLISE
de temps à perdre; car Pie VII, en rétablissant les Jésuites parmi le silence universel des cours, commettait un coup d'audace qu'il convenait de relever^ On n'avait qu'à conclure avec Rome un concordat collectif, très sommaire; puis, cette politesse une fois faite, à se passer d'elle. Vouloir négocier, pour chaque Etat, des concordats distincts, c'était permettre à Rome de diviser pour régner. Au contraire, avec un primat qui, de sa propre autorité, donnerait ou rendrait aux évêques les pouvoirs canoniques refusés ou retirés par le Pape, l'Eglise d'Allemagne serait assez virile, assez fière, assez sûre d'elle-même, pour se germaniser, d'abord, et puis pour aider, par son exemple et par son action, à la purification de l'Eglise universelle.
Ainsi nationalisée, elle pourrait, en quelque mesure, calquer sa constitution sur la constitution même de la société allemande; elle donnerait dans ses conseils une place privilégiée aux membres de l'aristocratie ^ et leur assurerait ainsi, dans la vie religieuse, cette même préséance que les vicissitudes politiques commençaient à leur rendre dans la vie civile. Dans l'Eglise germanique telle que la voulait le baron de Wessenberg, il n'y avait plus place, ou presque plus, pour la hiérarchie romaine; mais il y avait place pour la hiérarchie mondaine ; les grands de ce
il les développait dans deux écrits : Die deutsche Kirche, et Betrachtungen ûôer die Verhàltniase der Katholischen Kirche im Um fange des deutschen Bundes. — Cf. Otto Meier, op. cit., I, p. 457-465.
y Beck, op. cil.y p. 75-76. Wessenberg prévoyait que, si la Société de Jésus était reçue en Allemagne, un long combat s'engagerait entre la lumière et les ténèbres.