Voir la formule dans Vering, op. cit., p
3. Voir sur cette ordonnance du 30 janvier 1830, connue sous le nom des trente-nfiuf articles, Brûck, Die oberrheinische Kirclionprovins, p. 123 et çuj V, 1^6 tejtte en est publié dans ^Valter, Fontes Juria ecclesiastjci, p. 340'345,
tum, mais cotte fois ne retira point la bulle ; car, en la faisant publier, les Gouvernements, qu'ils le voulussent ou non, avaient scellé l'attache de leurs Eglises avec le Vatican : c'était aux évêques et c'était aux fidèles de garantir l'intégrité du scellement. En Bade et en Wurtemberg comme en Bavière et comme en Prusse, Bome avait fait son devoir ; à eux de faire le leur^
La ténacité de la diplomatie romaine avait mis entre les mains des catholiques d'Allemagne, après beaucoup d'efforts, les armes strictement nécessaires pour défendre l'Eglise contre l'esprit d'entreprise de l'Etat ; elle ne pouvait plus rien elle-même ou presque pins rien, sous peine de paraître provocatrice à ceux qui sans cesse redoutaient le péril ultramontain. Ces armes, telles quelles, étaient encore fragiles ; les Gouvernements les pouvaient ébrécher, et les évêques les pouvaient laisser rouiller ; mais Bome, en commençant les négociations, n'avait espéré rien de plus; et, dans l'état des esprits, c'était beaucoup, déjà, qu'on se fût adressé à elle pour reconstruire, comme des réalités solides et vivantes, les diverses sections de l'hypothétique Eglise d'Allemagne'^.
i. Il resterait, pour être complet, à mentionner la bulle Impensa Romanorum pontificuin, accordée au Hanovre en 1824, et par laquelle furent délimités les diocèses d'Hildesheim et d'Osnabrûck. Elle rappelle beaucoup, par les stipulations, la bulle De sainte animat^m. On en trouvera le texte dans Phillips, Du droit ecclésiastique dans ses principes ,/énéraux, trad. Crouzet, III, p. 482-4fl4. — Sur les négociations qui la précédèrent, voir Otto Meier, op. cit, II, n, p. 117-164, 241-26'i, et III, i, p. G2-87, et ii, p. 237-267 ; et Rfisch, op. cit., p. 22-61.
2. L'historien « vieux-catholique >» Friedrich explique dune façon fort intéressante comment la politique concordataire des Gouvernements impliquait indirectement de leur part « cet aveu que Rome seule, sans les évêques, est la source de tout droit et de toute juridiction dans l'Eglise », et qu'ainsi s'accélérèrent les progrès de ce que M. Friedrich appelle l'ultramontanisme {Geschichte des Vatikanischen Konsils, I, p. 198-199).
LA RÉORGANISATION DE l'ÉGLISE 155
Le désordre de cette Eglise avait permis au spectre d^une primatie allemande de prendre consistance; on achevait de faire s'évanouir ce spectre en mettant un terme, même précaire, à ce désordre; et, dans TAllemagne du xix'' siècle, Rome recommençait de compter.
La collaboration entre la diplomatie romaine et les pouvoirs laïques marque la première étape de la renaissance catholique allemande ; la collaboration entre Tinspî ration romaine et Tinitiative môme des catholiques allemands marquera la seconde étape. Mais, pour qu'évêques et fidèles, bénéficiaires de la timide victoire du Saint-Siège, eussent le goût, Taudace et la force de sanctionner cette victoire et de la compléter par leur activité pastorale, juridique, littéraire, politique, il fallait qu'autour d'eux l'horizon fût propice : il le fut, grâce au romantisme. La faveur imprévue dont recommença de jouir la pensée catholique dans les imaginations et dans les intelligences allemandes fut singulièrement secourable au succès de Faction catholique. Durant ces trente premières années du siècle, au cours desquelles Rome, sous Tœil impuissant de Wessenberg, avait pris contact avec le catholicisme allemand ressuscité, un autre contact s'était produit, non moins fécond, non moins inopiné, entre l'idéal catholique et l'esprit germanique ; il nous faudra faire halte devant ce phénomène, avant de tenter un nouveau pas dans l'histoire ultérieure.