Asseline, op. cit. , VI, p
2. Janssen, op. cit., I, p. 502. — «Je n'aime pas les gens qui changent de religion», disait plus tard à Stolberg le duc de Saxe-Cobourg. — Ni moi non plus, Monseigneur, car, si mes pères n'en avaient pas changé, il y a trois cents ans, je n'aurais pas eu la peine d'en changer moi-même. » {Anne-Paule-Doniinique de Noaillea, p. 214.)
3. Baumgartner, op. cit., IT, p. 208-211. Gœthe fut d'ailleurs cordial lorsqu'on 1812 Stolberg le revit à Carlsbad (Janssen, Friedrich Leopold Graf zu Stolberg, II, p. 208). et plus tard il blâma le pamphlet de Voss (Id., op. cit., II, p. 499). — Voir, sur le platonisme de Stolberg, Janssen, Friedrich Leopold Graf zu Stolberg, I, p. 361-381. — Cf. dans Ringseis, Erinnerungen, I, p. 210, la mauvaise humeur que témoigna Goethe lorsque le jeune Ringseis, en 1815, lui apprit l'attrait de Clément Brentano vers le christianisme.
saire et d'un cierge, il y avait là de quoi « faire ricaner Tenfer»; et Jacobi, môme, dans des lettres publiques, mit en doute la loyauté de cette conversion ; puis il finit par se calmer et par publier une explication qui équivalait h une moitié d'excuse ^ Il y eut des colères plus tenaces; dix-huit ans s'étaient écoulés lorsque le poète Voss fit imprimer une brochure sous le titre : Comment Stolberg devint un servile -, Voss se donnait Tair de poursuivre, dans ce pamphlet, la vengeance de la Réforme ; mais il voulait venger, bien plutôt, le paganisme et le rationalisme, offusqués l'un et Tautre par le comte de Stolberg.
En venant à l'Eglise romaine, l'illustre néophyte avait témoigné qu'il prenait le christianisme au sérieux : c'est ce que Voss, et plus tard son admirateur Henri Heine ^, ne lui pouvaient pardonner ; et c'est ce qui valut à Stolberg, inversement, l'indulgence de Klopstock et de Her-
1. Rosenthal, Konvcriilenhilder aus dem ncunzehntcn Jahrhundert, I, i, 3« édit., p. 23-20 (Ratisboniie, Manz, 1889).
2. Janssen, Friedrich Leopold Graf zu Stolberg, II, p. 497-499. Stolberç préparait une rofutation de ce pamphlet, et se disposait, d'ailleurs, à s'y montrer « tout charité », quand au 5 décembre 1819,1a mort le surprit.— Voir, sur ce pamphlet, une page indignée de Gœrres, Politische Schriffen, V, p. 200-202. — Jacobi et Niebuhr blâmèrent l'attitude de Voss à lendroit de HUAherg (Kingaeis, Erinnerungen, I, p. 302) ; Varnhagen, aussi, la jugea sévèrement (Herbst, Johann Hcinrich Vous, II, 2, p. 189. Leipzip, Teubner, 187d). — L'étroitesse desprit de Voss était célèbre. Voir Galland, Joseph von Gœrres, p. 321-322 : Perthes, en 181G, se promenait avec Voss, et le nom de Lamotte-Fouqiié ayant été prononcé, Voss de s'exclamer : « La clique des prêtres et des valets de nobles la séduit, et le rendra catholique tout comme Stolberg. » — « Trop rétréci, disait Gœrres, pour se figurer en ses ressorts intimes le grand mouvement des esprits. Voss l'attribuait à de secrètes pratiques dune société secrète, que dirigeait, de son embuscade, le vieux de la montagne. » (Galland, Joseph von Gœrres, p. 351.)
3. Henri Heine appelle Voss « le plus grand citoyen de la littérature allemande » {De VAlkmagne, l, p. 218). .
der, dont la religiosité naturelle amnistiait cette fantaisie d'une âme religieuse^; c'est ce qui lui assura, surtout, la demi-approbation de certains protestants mystiques, comme Matthias Claudius ou comme Lavater^. La théologie rationaliste des Eglises d'Etat avait débilité l'idée chrétienne au sein de la Réforme : ces mystiques souffraient. Le nouveau fidèle de Rome était peut-être un paradoxal, mais il n'était un paradoxal que parce que, comme eux, il avait souffert, et parce que sa foi chrétienne s'était sentie lésée. « Deviens l'honneur de l'Eglise catholique, lui écrivait Lavater. Je vénère l'Eglise catholique comme un antique et majestueux édifice, qui conserve de vieux documents aimés. La chute de cet édifice serait la chute de tout christianisme ecclésiastique^.» On eût dit que Lavater, découragé par l'impossibilité d'asseoir sur les maximes de la Réforme un « christianisme ecclésiastique », savait gré à Stolberg d'avoir rendu quelque prestige à une confession religieuse susceptible encore d'encadrer les âmes chrétiennes.
Stolberg, au lendemain de sa conversion, offrait l'exemple, unique dans l'Allemagne d'alors, d*une intelligence armée de toutes les ressources de la culture hellénique, et prête à dépenser ces ressources au service de la pensée catholique. Ayant du grec une connaissance que Gœthe et Schiller lui pouvaient envier, et plus digne dès lors que
1. Rosenthal, op. cit.. I,i, p. 27;— et Janssen. FrîpdrichLeopold Graf zu Stolberg, II, p. 29.