XVI PRÉFACE
en décrétant entre elles des compromis dogmatiques, ce que Bossuet appelait des « marchés ». Les théologiens de cour, qui feignaient de n'en point comprendre la bizarrerie, la menue plèbe des intelligences protestantes, qui vraiment n'y comprenaient rien, répondaient à de tels compromis par un Amen; mais cette élite d'âmes religieuses et conscientes de leur développement religieux, qui sont l'honneur de la Réforme, se rebellaient naturellement contre les imbroglios où l'Etat voulait confondre les églises ; et volontiers elles se fussent approprié, pour la jeter à la face du pouvoir, la protestation personnelle de Bossuet contre les « calvinistes tolérant le semi-pélagianisme où sont tombés les luthériens » et contre les « luthériens passant aux calvinistes les décrets absolus, la grâce irrésistible, la certitude du salut ». L'indifférence en matière de dogme, aussi officiellement affichée, devient un péril pour la notion même du dogme. Péril mortel, semble-t-il ; car, dans les universités protestantes, la conception d'un dogme sacré, objectivement vrai, formellement élirait de l'Ecriture, et consigné pieusement dans les écrits authentiques des premiers Pères, succombe aujourd'hui sous une défaveur presque