PRÉFACE XXI
âge d'incroyance, est celle qui conyient à des églises d'Etat : de là le succès qu'elle rencontre, en Allemagne, depuis un quart de siècle.
« On a trouvé ce moyen, dans nos jours, de dire que la foi commence par sentir les choses en ellesmêmes et que, parle goût qu'on a pour les choses, on apprend aussi à goûter les livres où elles sont contenues : ce qui opère nécessairement, non qu'on juge de ses sentiments par l'Ecriture et qu'on les rapporte à cette règle comme à la première, ainsi qu'on l'avait toujours cru dans la Réforme, mais qu'on accommode l'Ecriture à sa prévention of qu'on appelle cette prévention de son jugemcut une révélation de l'esprit de Dieu ^ »
Il semble que Bossuet, en parlant ainsi, traçât les premiers linéaments de ce système théologique dont Albert Ritschl est le plus illustre représentant; et M. Harnack a pu dire ajuste titre que ce système est le fruit des travaux de la théologie évangélique depuis deux cents ans-. Il fut l'aboutissement d'un long mouvement intellectuel. Le subjectivisme philosophique ébranlait les droits de l'idée d'absolu; le subjectivisme de
1 Bossuet, Avertissements aux Protestants^ édit. Lâchât, XV, p. 318.
2 Voir à cet égard le livre de M. Henri Schôn : Les Origines historiques de la Théologie de Ritschl; Paris, Fischbacher, 1893.