PRÉFACE XXIII
vieux libéralisme. Cette prédication est une garantie de paix; lorsque c'est un disciple de Ritschl qui porte dans une chaire « la parole de Dieu », l'Etat est sûr — si l'on nous passe cette expression familière — de n'avoir point d'affaires; et depuis vingt-cinq ans, pour maintenir dans l'Eglise l'unité factice à laquelle tient l'Etat allemand, la théologie moderne fournit elle-même une ressource factice. Il y a toujours des incidents ennuyeux sans doute : ils sont provoqués non par des sermons, mais par des cours d'universités. La théologie incroyante, dans les universités, prend des allures de souveraine ; elle dédaigne les artifices dont elle s'enveloppe devant les communautés. Alors les orthodoxes se plaignent, l'Etat se heurte à des ennuis. Il s'en tire en faisant une part, dans les facultés, aux diverses opinions théologiques ; il impose quelques bons croyants comme professeurs dans les centres où les incroyants sont trop nombreux. Les jeunes candidats au ministère pastoral font ainsi leur choix: on les estime assez pour les initier aux conflits... Ils seront bien notés, une fois pasteurs, s'ils savent tenir leur communauté en dehors de ces conflits, qui touchent pourtant à la personne même de