XXVI PREFACE
(lit deviendra peut-être fatal à l'Etat, mais il est tout d'abord fatal à l'Eglise. Les deux pouvoirs n'y sont point d'égale force, l'Etat est libre, l'Eglise enchaînée. L'Etat est une force dans le protestantisme, et le protestantisme, lui, n'est une force dans l'Etat qu'autant que l'Etat s'y prête: il y a comme une infériorité intrinsèque de rEgliseàl'endroitde l'Etat. M. Stocker, vingt ans durant, a dénoncé ce fléau :
« Tout l'édifice de l'église d'Etat, écrivait-il il y a quelques mois, est une contradiction avec la nature de l'Eglise. Prions pour que se trouvent des monarques qui le suppriment. Seulement ensuite le protestantisme aura une Eglise^. »
Ainsi l'Eglise ne sera vraiment une force sociale, libre, autonome; elle ne pourra s'engager dans des voies constantes, durables, personnelles, que si elle s'émancipe de l'Etat... Mais alors (et c'est ce qu'oublie momentanément M. Stocker dans les lignes ci-dessus), le choc des diverses écoles théologiques cesse d'être amorti ; les liens qui maintenaient tant bien que mal l'unité confessionnelle s'effilent ou se brisent ; le caractère chaotique de
» D. ev. iC2.,1891, p. 326.