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CHAPITRE II

l'évolution du Pr.OTESTANTiSME CONTfilMPOnAIN ! LES DOCTRINES

Au xviii' siècle, le « supranaturalisme » et le ra- Pages, tionalisme disputaient sur un quantum de dogmes, mais admeltaient, l'un et l'autre, que le dogme, complet ou atténué, est quelque chose d'extérieur à l'esprit du croyant, et d'objectivement vrai. Semler et Lessing, en attachant une importance toute nouvelle au « sentiment intime des vérités de la religion », frayèrent la voie au protestantisme subjectiviste de notre siècle , 72-76

I. — Evolution subjectiviste dans le domaine de la théologie spéculative. — Schleiermacher: pour lui, la religion est le sens intime de la dépendance à l'égard de Dieu ; la foi est un fait d'expérience, qui ne présuppose ni ne réclame aucunes définitions théologiques ; ce sont les hommes religieux qui font la religion. — Hegel, de son côté, tente un compromis entre le christianisme et le panthéisme, mais avec moins de succès que Schleiermacher, qui devient, lui, comme un Père de l'Eglise évangélique. — Gomment tous les courants, libéral, orthodoxe, du juste milieu, peuvent se rattacher à Schleiermacher : définition de ces divers courants , ,.. 76-85

II. — Evolution subjectiviste dans le domaine de l'histoire religieuse. — De même que la religion se réduit à n'être plus que le sentiment des hommes religieux, de même les Livres Saints ne représentent plus que les sentiments des hommes religieux d'antan. Le « supranaturalisme » et le rationalisme épiloguaient sur le caractère surnaturel des faits que racontent les Livres saints, considérés comme d'inspiration divine. Strauss et Baur innovent, en montrant dans ces livres l'inspiration humaine, inspiration de la primitive communauté chrétienne d'après Strauss, des divers groupements de cette communauté d'après Baur. L'histoire du peuple d'Israël est critiquée en partant de ce postulat que la religion hébraïque fut

non une révélation, mais un produit de l'esprit hébraïque. — La critique de M.Adolphe Harnack et les récentes Vies de Jésus

III. — Progrès de l'évolution subjectiviste : Albert Ritschl. Caractères nouveaux de sa théologie comparée à celle de Schleiermacher : 1» Ritschl prétend échapper au panthéisme par la théorie du royaume de Dieu ; 2° Considérant la religion comme un fait d'expérience, il ne veut point désigner, comme Schleiermacher, l'expérience religieuse de la communauté, mais l'expérience personnelle du croyant en face des Livres saints. L'individualisme religieux fait ainsi un pas de plus. — Dialogue du croyant avec Ritschl sur la divinité, la révélation, le miracle ; obscurité des réponses de Ritschl et caractère équivoque qui leur est reproché. Ritschl élude l'insistance de certaines questions par une distinction entre les Seinsurteile (jugements portant sur la valeur intrinsèque et la vérité intrinsèque des affirmations religieuses) et les Werthurteile (jugements portant sur la valeur subjective qu'une affirmation religieuse a pour notre âme). — Théorie de l'équivoque dans les écrits des disciples de Ritschl

IV. — Le débat entre l'orthodoxie et les nouvelles écoles « incroyantes » porte sur la notion même de foi. Pour l'école « moderne », la foi, acte de confiance, n'implique aucune adhésion intellectuelle à des dogmes objectifs; l'orthodoxie maintient la nécessité d'une telle adhésion. Les théologiens de l'école « moderne » expriment leur foi sous la forme d'une impression, comme quelque chose qui n'est point appris, mais f)écu. — Apreté des polémiques qui résultent de cette divergence entre les définitions du mot foi. — Les écrits de Luther fournissent des armes aux diverse» écoles. — Conclusion : les « variations » des églises

diverses écoles, au sein de l'Eglise protestante, sont

en discussion 1 03- 1 22

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