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CHAPITRE IV

Remarque préalable : l'histoire du mouvement social évangélique reflète, tour à tour, les tendances sociales successives de l'empereur Guillaume II 183-185

I. >- Le christianisme doit-il être « social »? Le luthéranisme pur, le piétisme, la théologie de juste milieu, la théologie « libérale » opposent de nombreuses réserves; la théologie « moderne », en général, et l'orthodoxie de M. Stocker sont dévouées au mouvement chrétien-social. — Débuts de ce mouvement en Allemagne. — Wichern {\ 808-1881) ; la Mission intérieure, qu'il a fondée, est « la mère du mouvement chrétien-social », bien qu'avec le temps le but de cette Mission se soit rétréci. — Huber (1800-1869) : ses appels à l'association ouvrière, et son affirmation d'un lien entre l'économie politique et « l'économie chrétienne du royaume de Dieu ». Débats entre protestants et catholiques au sujet de la priorité du mou- Teraent chrétien-social : Wichern devança Ketteler

dans cet ordre de préoccupations, mais Ketteler eut Pa^es. un sens de la démocratie, une intelligence des nouveautés politiques, qu'on ne constate point chez Wi-

chern 185-195

II. — Aflaissement de la vie religieuse en Allemagne au lendemain de 1870 : le mouvement évangélique social est conçu par Todt, Wagner et Stocker, comme une réaction contre cet affaissement. Préface de ce mouvement: Le Socialisme radical allemand et la Société chrétienne, par Todt. 11 sollicite d'une façon trop systématique les textes évangéliques ; mais il a le double mérite de donner à ses coreligionnaires un bon exposé du marxisme et de montrer que le christianisme implique une doctrine sociale. — Débuts de l'action politique : U Associatioji centrale pour la Réforme sociale sur hase religieuse et monarchique. Rôle de M. Rodolphe Mej^er. — Apparition de M. Stocker. Le personnage. Sa descente en face des socialistes (janvier 1878). Fondation du « parti chrétien-social des travailleurs » ; programme de ce parti.

— Le « parti chrétien-social des travailleurs :i> devient, en 1880, le « parti chrétien-social » tout court ; alors commence la seconde période de l'activité de M. Stocker. — Le rescrit du conseil suprême évangélique du 20 février 1879 marque une première étape dans l'action sociale de l'Eglise évangélique 190-209

m. — Sous l'impulsion de son idéal théocratique, M. Stocker se met à la tête du Mittelstand, crée le mouvement antisémitique pour venger les attaques de la presse juive contre le christianisme, prend la direction de la Mission Urbaine, et engage toutes ses troupes dans une action commune avec le parti conservateur. Premiers résultats de cette alliance sur le terrain politique et religieux ; succès et ennuis de M. Stocker. — Son rêve d'une politique chrétienne le met en conflit avec M. de Bismarck, qui soupçonne M. Stocker de vouloir fonder un centre protestant.

— Apogée de la fortune de M. Stocker : la réunion Waldersee (28 novembre 1887). — Brusques vicissitudes de sa destinée : il cesse, en 1890, d'être prédicateur de la cour. — Le mouvement évangélique-social, à cette date, avait du moins obtenu deux satisfactions : 1" La législation sociale élaborée par le pouvoir impérial sous la double pression du centre catholique et du parti Stocker; 2» Le rescrit du conseil

suprême évangélique du 17 avril 1890, qui conseillait P»ge». aux pasteurs de se faire les avocats du quatrième Etat et de sortir de leurs temples pour lutter contre le socialisme dans des réunions libres et contradictoires 200-223

IV. — Le rescrit coïncide avec un ardent éveil des préoccupations sociales parmi les jeunes pasteurs. — Impulsion qu'il donne aux cercles évangéliques de travailleurs : ces cercles changent de caractère et, de sectaires, deviennent sociaux. — Création des congrès évangéliques-sociaux ; leurs oscillations entre diverses tendances; influences rivales de M. Stocker et de M. Sulze ; intervention décisive de M. Gôhre. — Un pasteur ouvrier: M. Gôhre. — Vue générale des congrès évangéliques-sociaux. — Inconvénients et périls de l'alliance de M. Stocker avec les conservateurs; triple sacrifice qu'elle impose; formation du parti des « Jeunes », hostiles à ce triple sacrifice. — M. Frédéric Naumann, sa foi, son action. — Influence qu'acquiert le parti des « Jeunes » sur les cercles évangéliques de travailleurs. Les conservateurs, de leur côté, accentuent davantage leur conception patriarcale du patronat. — Une série d'incidents délicats: dfl'aires Wâchter, Schall, Klein, Kock. — Emotion produite dans le camp conservateur par certains articles de la Eilfe, journal de M. Naumann. — Le

baron de Stumm élève la voix 224-243

V. — M. de Stumm, « roi de la Sarre ». — Ses colères contre la Semaine religieuse de son district. — Son opposition à la création d'un secrétariat du peuple pour les ouvriers protestants et à la diffusion de la Hilfe. — Ses interpellations au Parlement contre les pasteurs « chrétiens-sociaux » et contre l'enseignement social donné dans les universités. — Son échec contre la liberté de la science ; ses victoires sur la liberté de l'Eglise. — Projet de loi du gouvernement impérial sur les menées subversives, dirigé contre le socialisme et retiré à contre-cœur ; le rescrit du conseil suprême évangélique, du 16 décembre 1895, dirigé contre l'action sociale des pasteurs, est un épisode de la même politique. — Rapprochement entre le rescrit de 1895 et les rescrits de 1879 et 1890. — Les suites du rescrit : révocations et disgrâces. — Amertumes de la presse évangélique; et comment elle se venge sur

M. de Stumm des mauvais procédés de l'empereur... 243-254

uMtm ST. lUm COLLEGE

VI. — Les disgrâces successives de M. Stocker : son Page». éviction du parti conservateur à la suite du procès Hammerstein ; attaques dont il est l'objet après la révélation par le Vorwàrts de la « lettre du bûcher » ; télégramme de l'empereur contre M. Stocker et les « pasteurs politiques », et condamnation par Guillaume II du mot « chrétien-social » (28 février 1896). — Intrépidité et ténacité de M. Stocker : la fondation du parti ecclésiastique-social. — Le mouvement chrétien-social change lentement de caractère : il se laïcise et se rapproche du socialisme. — Alliance d'un certain nombre d'universitaires avec M. Naumann pour la fondation d'un parti socialiste national : le congrès d'Erfurt (novembre 1896). — Importance politique de cette tentative; perspectives d'avenir... 257-275

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