‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 121 sur 236 · Pastor, Auqust Reichcnsperucr, I, p · texte numérisé non relu

Pastor, Auqust Reichcnsperucr, I, p

3. Alphonse de Courcel, Ferdinand WoKcr a794-1870), p. 5-6 (Pau . l/.ihure).

premier, il avait, dans un Manuel publié en 1822, systématisé, en face des théories de Febronius, ce qu'on était convenu d'appeler, à Berlin, les maximes ultramontaines K Pour la première fois, avecWalter, la science allemande s'était dévouée à défendre la liberté de l'Eglise romaine ; à l'école de ce maître, le droit canon avait pris l'allure d'une science indépendante, et avait cessé d'être regardé comme un simple appendice du droit administratif^. Dans cette Université de Bonn où le catholicisme s'était fait hermésien et où s'élaborait, en 1840, un dernier pamphlet contre Droste et ses défenseurs^, le laïque Ferdinand Walter demeurait peut-être le plus pur représentant de l'Eglise. Frédéric-Guillaume IV l'entendit et l'écouta. Walter émit un projet d'après lequel

1. Lo respect pour les institutions catholiques, qu'il avait constaté chez son maître le juriste Thibaut, puis son penchant pour l'art et la poésie ronianticpies. avaient incliné Walter vers la pratique catholique (Walter, Aus meincm Leben, p. 121. Bonn, Marcus, 186.")) ; puis le désir de la vérité historicpie, le respect du droit historique, une sympathie naturelle pour les faibles, l'avaient naturellement porté à envisager avec bienveillance les prétentions « ultramontaines », incessamment bafouées par les petits Etats ; et ce fut enfin la lecture de l'historien protestant Jean de Millier, dont on sait la symi)athie pour la puissance papale, qui tit de Walter un ullramontain'(AM.« meincm Lebm, p. 12-2-12'j). — D'une étude comparée faite par Schulte, op. cit., III, i, p. 413- 'i 10, des diverses éditions du livre de Walter, il résulterait que la première édition, (lui est de 1822, était encore légèrement gallicane, et (pie les tendances « curialistes » deviennent particulièrement accentuées dans l'édition de 18.')ti. — L'ouvrage de Walter, dont (îoerres, dès 1825, entrevoyait l'importance {Gesammdle bricfi', I, p. 2.')7), fut traduit en français, en 18i0, par A. de Roquemont, sous le titre : Manuel du droit ecclésiastique, de toutes les confessions chrétiennes (Paris, Poussielgue). L'idée maîtresse de l'auteur (voir, en particulier, p. 14 et 168) est que l'Eglise fut, dans son principe, constituée comme un corps unique, et que la suprématie est née avee l'unité de l'Eglise, non point créée par l'histoire.

2^ De Gourcel, Walter, \). 4-.").

:{. Sur ce pani}thlet : Personen laul Zustùnde ans den Kirchlirh-politischeu Wii-ren in Preussen (Leipzig. Voss), attribué au curateur Hehfues et au professeur hermésien Braun, voir Karl Mœller, op. cit., II, p. 121-123-

•212 LUTTES ET VictOtftËé

la Prusse devait négocier avec Rome pour désigner a Drosle-Vischering un coadjuteur qui administrerait l'archidiocèse \ et le comte de Brtihl, un bon catholique, fit trois voyages à Rome, au nom du roi de Prusse, pour concerter cette solution -. Rome à cette date donnait asile, et Grégoire XVI accordait souvent audience à un personnage ecclésiastique qui apparaissait aux yeux de l'Europe comme la plus récente victime de la Prusse : c'était le prêtre Jean Laurent '^\ Nommé vicaire apostolique de Hambourg en 1839, il avait vu le sénat de cette ville lui en interdire l'accès ^ et s'était installé à Aix-la-Chapelle, sa ville natale, en attendant que la prohibition fût levée. Mais Frédéric-Guillaume III, instrument des vengeances hermésiennes, avait à son tour expulsé Laurent de sa propre patrie \ et Laurent, tout de suite, avait pris la route de Rome. Grégoire XVI, à son instigation, avait décidé, en principe, la révocation du vicaire capitulaire H(isgen^\ lorsque l'avènement d'un nouveau roi de Prusse fit surseoir à cette mesure, et Frédéric-Guillaume IV,

1. Sur les écrits que AValter adressa au roi les 12 juillet et 17 septembre 1840, voir Walter, Aus meinern Lebcn, p. 133.

'2. Voir, sur la mission de Brùhl à Rome, Friedberg, op. cil., p. 33 <'t suiv. " De Rome seulement, écrivait le jeune Ketteler en août 1840. peut venir une solution ! » i^Raich, Briefe con und an Ketteler, p. 62.) — Frédéric- (àuillaume IV avait songé à confier à son ami le général Radowitz cette mission auprès du Saint-Siège : Radowitz craignit de se rendre suspect, liiut à la l'ois, à ses coreligionnaires catholiques et à la bureaucratie prussienne ; après un « niùr examen devant Dieu », il refusa. Mais les instructions pour le second voyage de Brûhl furent rédigées par Radowitz. (Hassel, Joseph Maria von liadowitz, I, p. 78 et 313.)

3. Sur le séjour de Laurent à Rome, voir Karl Mœller, op. cit.. Il, p. 1-16.^.

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