‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 123 sur 236 · Phdf, „,,. cil.. I. ,,. 7i · texte numérisé non relu

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successeur à Droste-Vischering le seul prélat qui, trois ans auparavant, eût essayé de secouer l'inertie de ses collègues, elle préparait efficacement l'avenir.

La correspondance diplomatique relative à la nomination de Geissel, réunie jadis en un volume, marque un tournant d'histoire^. Trois contractants y sont aux prises : le roi de Prusse, le jeune coadjuteur, et le vieil archevêque. Le roi de Prusse, empressé d'en finir, accorde à Rome tout ce que Rome demande : liberté de correspondance entre les évoques et le Saint-Siège ; respect absolu des stipulations de la bulle de Salute animarum au sujet du mode d'élection des évoques; liberté complète de l'Eglise en ce qui regarde la question des mariages mixtes ; promesse de ne favoriser en aucune façon l'hermésianisme-. Le jeune coadjuteur, au cours du voyage qu'il fait à Rerlin, continue de traiter de puissance à puissance avec le Cabinet prussien; il se fait acheter son acceptation par des concessions nouvelles : droit, pour l'autorité épiscopale, d'accréditer ou de disqualifier l'enseignement des professeurs de théologie à l'Université de Ronn, en leur accordant ou en leur retirant la mission canonique; et liberté, pour l'autorité épiscopale, d'établir des tribunaux ecclésiastiques. La première de ces concessions garantissait

1. Diplomalisclw Correspoiidenz ûher die Bi'nif'un(/ des liiscliofs Johannes vuH Geissel iioii. Speyet- zuru Coadjulor des Erzbischofs CIcmcns-AufjusI. Fi'ciherrn von DrosU- zu Visclutrinij ron Kùlu, j)ul)liéc paT Karl-Tlieodor Duiiiont (Fribom-f,', Horder, 1880).

!2. Frédéric-Guillauiiie IV, hostile à la conception de l'absolutisnie de l'Ktat en matière reli|j;ieuse, songeait même à la possibilité de la tenue l)riiodique d'un synode national catlioli(iue sous la prér«dence d'un légat liapal. aiasscl, Joseph Maria v. Itadoivilz, I, p. 77 et 313.)

riiégéiiionic de Tévêque sur renseignement universitaire ; la seconde garantissait son hégémonie sur la discipline sacerdotale ; Fune et l'autre marquaient une retraite de l'Etat'. Bref, en face de l'Eglise, l'Etat protestant abdique, théoriquement au moins, les prérogatives que naguère il réclamait comme des droits; la captivité de Droste-Yischering a un terme, et ce terme est une victoire...

Mais le vieil archevêque nous émeut, et la correspondance atteint à l'intérêt d'un drame, lorsqu'elle enregistre ses protestations et règle ses destinées. Il savait que là-bas, dans sa ville de Cologne, un parti puissant lui demeurait fidèle, et fidèle à lui seul, à sa personne seule ; il était comme surpris de voir un autre prélat survenir, ce prélat incarnât-il les idées auxquelles Droste avait attaché son nom. L'audience difficultueuse, âpre et chagrine, un peu dédaigneuse même, dans laquelle il reçut Geissel, fut une des scènes les plus émouvantes qu'on puisse rêver 2. Il avait été insulté par la Prusse dans le document officiel par lequel on avait voulu justifier son arrestation, et Frédéric-Guillaume IV reconnaissait formellement que Droste avait été calomnié, mais l'archevêque voulait que ce document fût solennellement désavoué ; à ce prix seulement, il accepterait Geissel comme coadjuteur, et Geissel, lui, ne voulait entrer à Cologne que si un acte authentique de l'archevêque le présentait au diocèse. D'interminables débats s'engagèrent ; le captif de

1. Voir, sur ce voyage à Berlin el sur les concessions obtenues, le rapport de Geissel lui-même au nonce Viale Prela, du 25 janvier 18« {/Ji/domatische Correspondenz , p. 259-286).

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