‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 141 sur 236 · Gœrres, PoUtische Schriften, VI, p · texte numérisé non relu

Gœrres, PoUtische Schriften, VI, p

2. Voir ci-dessus, livre III, chapitre ii. — La Prusse, à cet égard, devançait même la Bavière, qui ne rendit libres les con.nnunications avec Rome que le 25 mars 1841 (Vering, Lehrbuch des Kirchenreclits, 3* édit., p. 1ô4, n. 10). — Voir dans Haich, Urieff vonundnn Kctteler, p. G!) et 73, la confiance et la satisfaction du vieux Dietz, de Coblentz. et du jeune Ketteler, à l'endroit du nouveau roi de Prusse : Frédéric-Guillaume, dès le début de 184h, permettait au prêtre catholique de Alt-Lûnën de-

Perthes, fait ce qu'aucun souverain catholique n'a osé faire jusqu'ici K »

Les évoques, redevenus conscients de leur devoir en même temps que de leur dignité', allaient aussitôt profiter des permissions royales. On se rappelle l'attitude de leurs prédécesseurs, leur désir d'échapper à la vigilance papale, leur ennui de ne pouvoir se faire oublier du Saint-Siège, et leur tactique, enfin, pour amuser et abuser Rome, puisqu'elle ne voulait point les laisser en paix. Voici queGeissel, le coadjuteur de Cologne, introduit dans la vie de l'Eglise prussienne un nouveau personnage, discrètement interrogé mais sérieusement écouté : c'est le nonce du pape en Bavière. Geissel, à cœur ouvert, le fait pénétrer, par des lettres fréquentes, dans les grandes et petites affaires de l'archidiocèse : hésitations et décisions,

revêtir les ornements sacerdotaux lorsqu'il portait les sacrements à quelque fidèle dans le village protestant de Neu-Lûnen; Ketteler se réjouit de cette tolérante courtoisie.

1. Perthes, Friedrich Perthes' Lebe7i,IU, p. 511-512. —Les jugements du jeune rhéiian Auguste Reichensperger, jusque-là si malveillants pour Berlin, devinrent tout de suiteplus favorables (Pastor, Aiujust Itcichenspert/er, I, p. 82), etGœrres lui-même, dans son écrit : Ki7^che und Staat nach Abïauf der Kwlricr Irrmij, remercie le roi de Prusse de s'être, dans l'affaire de Cologne, prononcé pour la justice (Galland, Joseph von Gœrres, \). 629). — Ce n'était pas le seul don de joyeux avènement fait par Frédéric-Guillaume à l'Eglise : l'Etat et l'Eglise allaient définitivement tomber d'accord sur la nomination à l'évèché de Trêves de Guillaume Arnoldi (17'J8-18(i4), nomination précédemment repoussée par l'Etat; et depuis cette date, les chapitres de Prusse, qui d'après le bref Quod de fideliwn, de 1821, ne devaient pas élire un évoque qui fût persona ingrata auprès du roi, prirent en général l'habitude de proposer à Berlin une liste de candidats sur laquelle le gouvernement pouvait rayer un certain nombre de noms et devait en laisser subsister trois. (Vering, op, cit., p. 564.) Dès son avènement aussi, Frédéric-Guillaume IV rendait un poste important àLudolf de Beckedorff, qui, après avoir été à la tète de l'enseignement sous Frédéric-Guillaume III, avait payé de son poste sa conversion au catholicisme, due à 1 ascendant de l'évêque Sailer (Voir, sur cette disgrâce, Gœrres, Gesammelté Driefe, III. p. 283-284). Le livre d'apologétique catholique que Beckedorff publia en 1840, n'empêcha pas le nouveau roi de lui rendre justice (Rosenthal, Konvertiténbilder, I, i, p. 498-499).

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inquiétudes et joies, il lui confie tout, lui soumet tout; il Taccueillera bientôt en son archevêché comme visiteur, plus tard en sa cathédrale comme représentant du Pape ^. « Les Ponctations d'Ems, » par lesquelles les princes archevêques du xvui'' siècle signifiaient aux nonces leur congé, sont décidément devenues surannées : à l'endroit du nonce, Geissel est plus que courtois, il est cordial, avec une nuance de déférence; et l'Eglise prussienne, autorisée désormais à prendre contact avec Rome, invite par surcroît le délégué de Rome en Bavière à prendre contact avec elle.

La situation du catholicisme à l'égard de l'Etat prussien devenait par là môme toute nouvelle : l'Eglise n'était plus une institution sujette, sur laquelle des fonctionnaires étrangers à sa croyance avaient l'œil et mettaient la main; elle se présentait comme une puissance ayant ses racines au delà de la terre et son point d'attache terrestre au delà de la frontière prussienne, puissance régnant souverainement sur son propre terrain, et puis, au jour le jour, négociant avec l'Etat prussien une équitable délimitation de cette éternelle zone mixte oii le spirituel et le temporel prennent fatament contact. L'Eglise n'était plus une subordonnée, mais une contractante, et dans son opuscule intitulé : VEcjlhe et VEtat après F erreur de Cologne, Gœrres prenait acte de ce fait nouveau '^. La

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