Pfulf, op. cit.. I, p. 29fi-:J0l
■!. Pfiilf, op. cit., I, p. 301-307.
;!. Pfiill\ op. cit., I. p. 505 ot suiv.
sur le parti pris attribué au Gouvernement de réserver aux protestants les plus nombreuses et les plus hautes fonctions, et sur la nécessité d'attribuer aux fidèles des diverses confessions, dans la bureaucratie d'Etat, une place proportionnelle à l'importance numérique de ces confessions dans l'Etat^ : ce problème complexe, devenu célèbre en Allemagne sous le nom de question de la parité, ne fut réellement posé que du jour oii les catholiques eurent pris conscience d'être une force, et où ridée catholique eut réclamé sa place au soleil, sur le forum, encore très rétréci, qu'ouvrait aux revendications populaires la monarchie prussienne.
Les diètes du royaume de Prusse, telles qu'elles étaient constituées depuis 1823, n'étaient élues que par la propriété foncière et ne représentaient que des intérêts locaux^ : une oligarcbie catholique s'y pouvait faire entendre, mais le peuple était encore sans voix ; et la Prusse, jusqu'en 1847, fut dépourvue d'un organe représentatif central dans lequel les intérêts catholiques pussent être efficacement défendus. Cet organisme existait en Wurtemberg et en Bade ; et l'année 1842 marqua pour le Wurtemberg, les années 1845 et 1846
1. Le haruii de Lue, eu 1845, souleva devant la diète provinciale dont il faisait partie la question de la parité: son discours fut publié par un journal bavarois; et, la publicité des débats étant interdite, Loe fut 1 objet de poursuites judiciaires. (Gazalès, Etudes historiques et politiques sur l'Alkmayne contemporaine, p. 291.) D'après une lettre de Geissel à Louis de Bavière, la Prusse, en 1845, ne comptait pas un ministre catholique; sur 48 conseillers d'Etat, 2 catholiques; sur plus de 50 généraux de uivision, 1 catholique; sur plus de 100 colonels, 4 ou 5 catholiques; sur 8 présidents supérieurs, pas de catholique: sur m présidents de gouv<M-nement, 2 catholiques; à la cour suprême du rovaume, 1 seul catholique (Pfiilf, Cardinal von GeisseL l, p. 137).
•4. Paul Matter, la Prusse et la lUvolution de 1848, p. 18,
pour le grand-duché de Bade, 1 avènement définitif de la question religieuse à la tribune parlementaire. Les fameux trente-neuf articles, qui, depuis 1830, consacraient Thégémonie des Etats du Sud en matière ecclésiastique, furent directement vises, à Stuttgart, par l'interpellation de levêque Keller; à Carlsruhe, par les interpellations de deux laïques, le baron d'Andlau et le professeur Buss. La motion de Keller, en faveur de la liberté de l'Eglise 1, donna lieu, en 1842, à un vote favorable de la première Chambre wurtembergeoise, vote auquel s'associèrent des princes même de la maison royale^; dan s la seconde Chambre, au contraire, ce fut le doyen môme du chapitre, Jaumann, qui contribua le plus à la faire repousser 3. Mais un jeune théologien s'était levé pour défendre son évoque : il avait nom Charles-Joseph Hefele; et par un discours qui fit grand bruit, il témoignait éloquemment sa confiance dans les temps nouveaux et dans les libertés prochaines, et rêvait d'une époque oii l'Eglise, secondée par une presse qu'aucune censure ne gênerait plus, pourrait enfin briser la férule de l'Etat^. Jaumann, s'adressant à l'arbitraire de l'Etat pour qu'il usât de bonne grâce envers l'Eglise; Hefele, en appelant au peuple pour que l'Eglise obtînt justice, représen-
1. D'une lettre du baron de Rinck à Hurter, du 19 novembre t8'«1,il résulte que le texte de la motion avait été rédigé par le nonce de Munich il (lue le nonce avait mis l'évèque Keller dans l'alternative de déposer )ette motion ou de démissioïiner (Hurter, Hurter und seine Zeit, I, p. 349).
2. Brùck, Die oherrheinisclie Kirchenprovinz, p. 278-281. — Hurter, Hurter und seine Zeit, \, p. 3.')1.