lîrûck, Die oberrheinisclie Kirchenprovinz. p
4. Roth, Karl Joseph von Hefele, Bischof von liottcniury, p. 10-2;^ Stuttgart, impr. du Deutsches Volksblatt, 189i),
talent, sous le regard dépaysé du vieil évêque Keller, les deux clergés dont l'un achevait de mourir et dont Tautre commençait à vaincre. De fait, le peuple s'agitait déjà : cinquante-quatre pétitions appuyaient les doléances épiscopales, et le despotisme de l'Etat sur l'Eglise fut latifié, cette fois encore, parle vote de la seconde Chambre^; mais ce fut la dernière fois.
Trois ans plus tard, le Parlement badois fut une arène, où les religions descendirent et se livrèrent bataille. Une secte religieuse était née, dont bientôt nous dirons l'histoire, et qui s'appelait le « catholicisme allemand » [Deiftsch Kalliolicknms). Les radicaux badois la courtisaient; ils prétendaient que les trois quarts des fonctionnaires lui étaient secrètement acquis et demandaient, en vertu de son nom, qu'elle participât aux prérogatives de l'Eglise catholique romaine et qu'elle pût même prétendre, en quelque mesure, aux biens de cette Eglise. Le Gouvernement de Bade repoussait leurs exigences; il invoquait les égards dus à la confession catholique, à laquelle appartenait, en Bade, la majorité des sujets'-^. Ce fut alors l'honneur d'un professeur de l'Université de Fribourg, Buss, de sentir la fragilité de cette politique d'égards, de comprendre que les catholiques ne seraient sérieusement défendus que s'ils se défendaient eux-mêmes, et d'éveiller tout à la fois, dans l'àme de ces «sujets», la conscience civique et la conscience religieuse.
1. C'olther, Der Slaal iind dû; Katholischc Kirche im Kônujrclch Wor/ lon/jrn/, p. lOG-119.
2. Kampe, Geschichte der relifjioscn Jiewerjunrj der neiten Zcil, IJl p. 3.i3-3r.() (Leipzig, Wagner, 1856].
Avec François-Joseph Buss', l'Allemagne catholique eut son premier tribun. Sa jeunesse s'était passée loin de l'Eglise : les idées avancées, avec les mots un peu gros dont elles s'affublent, séduisaient la rudesse de son tempérament; elles tlattaient en lui le besoin d'action, et cette sorte d'exubérance de forces, qui aspirait à un épanouissement militant. On l'avait connu très incroyant, à l'époque où l'Eglise badoise, timide, presque honteuse d'elle-même, abdiquait toute personnalité devant l'Etat. Et puis, en lui, une évolution s'était faite : il avait senti dans cette Eglise l'institution à laquelle les deux tiers de Bade étaient historiquement fidèles : homme du peuple, avocat du peuple, il devint l'avocat de l'Eglise. Lepremierdiscours sur la question sociale qui ait retenti à une tribune allemande fut prononcé par Buss, en 1837. Entre ce discours et son activité religieuse, il y a une filiation : droit au pain, ou droit à la croyance, ce sont toujours les droits du peuple que Buss défend. Les revendications de la secte « catholique-allemande », en 1845, lui parurent attentatoires au peuple croyant : alors il déchaîna, dans tout le grandduché, un vaste pétitionnement catholique; et comme, par contre-coup, l'action radicale devint plus acerbe, le ministère badois, débordé par le
I. Une inono?;raithio manque sur lUiss (I8(»;M87S); le Kirchenlcxikon lui consacre un bon article, sous la plume de Hangele. — Sur la période radicale de Buss, duranl laquelle, parait-il, il avait pris part à une manifestation en l'honneur de Jean Huss, et écrit des vers contre limniortalité de l'àuie, voir Schulte, Gcschichtc ilcr Quellen und Literatur des canonischen Jiechts, III, i, p. 3!»l-39-^', et Fiicdiich. Gcschichtc des Vatikanischen Kon::ils, I, ji. ■22.'').
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flot grossissant des agitations religieuses, renvoya le Parlement. Mal équipés pour les élections, n'ayant d'autre soutien que le journal de Buss, encore insuffisamment répandu, les catholiques furent battus i. Dans la Chambre de 1846, ils n'eurent qu'un représentant : c'était Buss. Mais la bataille s'était livrée sur le terrain religieux, et cela suffisait à Buss : que l'Etat badois, qui régnait, naguère, sur le mutisme des âmes, vît les luttes électorales se transformer en une bagarre de consciences, c'était là une nouveauté, et Buss, en cette heure de défaite, la saluait comme une victoire. L'opinion catholique avait fait acte de présence : on avait voté pour elle ou contre elle, et Tinsuccès ne prouvait pas qu'elle aurait dû se taire, mais qu'elle avait à s'organiser.
L'organisation, le groupement local des catholiques en associations toutes ramifiées entre elles, formaient, depuis longtemps déjà, l'objet des rêves de Buss. Un instant, en 1844, en voyant deux fonctionnaires catholiques, Mone et Lender, élaborer, avec l'approbation de l'archevêque Vicari, les statuts d'une association-, ses rêves avaient pris consistance : il songeait à créer, dans tout le pays, des associations [Vereine)^ semblables à celles dont Tannée 1848 couvrira soudainement toute l'Allemagne. Mais le professeur Hirscher, justement respecté par l'élite du clergé, avait contre ce genre de fondations une hostilité notoire, dont nous étudierons plus tard, en ses
1. Voir, sur ces événements, Maas, Ceschichte der Katholischen Kirche im Grossherzof/thmi Hiuhn, p. KiO-lOf).