Maas, op. cil., p. i<)i
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écrits de l'année 1849,1a retentissante expression: Buss, provisoirement, dut abdiquer son dessein^, et tout de suite, sans découragement, étalant sa solitaire mais puissante carrure dans cette avantscène qu'était le Parlement de Garlsruhe, il empêcha, du moins, que, sur le théâtre politique badois, la question religieuse disparût de l'affiche.
D'Andlau à la première Chambre, Buss à la seconde, se partagèrent les rôles. Le premier, en juillet 1846, demandaitque les trente-neuf articles fussent supprimés; que l'organisation de l'Eglise badoise fût mise d'accord avec le droit canon, que les prérogatives du clergé catholique en matière scolaire fussent protégées et développées, et que les petits séminaires fonctionnassent sous ila direction de l'archevêque avec l'aide pécuniaire de l'Etat. Le second, en septembre, réclamait que l'Etat fit de toutes les questions religieuses peniantes l'objet d'un traité d'entente avec l'archevêque et biffât d'un trait de plume toutes les lois ijui gênaient l'Eglise; et par celle motion, qui fut t^ctnanimement repoussée, Buss se distinguait à la ■ois, et des bureaucrates qui voulaient que l'Etat 'Continuât de régner sur l'Eglise, et des radicaux "Ijui voulaient séparer l'Eglise d'avec l'Etat^ Le ilébat qui se déroulait à Garlsruhe était comme in prologue des discussions qui, deux ans plus t ard, occuperont le Parlement de Francfort ;
1. Voir, sur cette opposition primitive du clergé badois, Palatinus, 'nt.ste/iunfj der GenenUverHammLuwjcn der Katholiken Deutschlands, p. 64 sVurzbourg, Gobcl, 1894).
2. Sur ces débats parlementaires de 1846, voir Bnick, Die oherrheinische 'irchenirrovinz,^. 265-267; — et Maas, op. cit., p. 177-184.
à Francfort comme à Carisruhe, il y aura un parti radical, jaloux d'obtenir de l'Etat une déclaration d'indilYérence religieuse absolue, et de ménager par là môme toute liberté aux sectes religieuses nouvelles, sous le Credo desquelles se dissimulaient des velléités de révolution politique et sociale.
Sur ces entrefaites, à la fin de 1846, le peuple de Bade eut faim; l'hiver avait amené la disette. Parler des droits de Dieu à des hommes qui manquent de pain, n'est-ce pas leur suggérer la douloureuse idée d'interpeller Dieu sur leur misère? Buss voulait éclairer le corps électoral sur la question religieuse; mais le plébéien qu'il était possédait un sens trop aigu des réalités pour haranguer les consciences quand les estomacs criaient. Il se mit à faire des souscriptions, puis des spéculations heureuses ; il put apporter des vivres aux paysans de la Forêt Noire, pour une somme deux fois plus grosse que celle que lui avait confiée la charité ; et l'humeur facile de ces pauvres gens se souvint de lui comme d'un messager de l'abondance. Ainsi progressait, entre un discours sur la question sociale et une campagne d'hiver dans laquelle ce professeur se faisait vagabond pour distribuer du pain, l'activité religieuse de François-Joseph Buss, remueur d'hommes'.
1. Lenni-î, au congrès catholique do Mayence de 1848, devait le comparer à O'CoxineW {Y erhandlunfjoi der ersten VcrsammluiKj i/es Katholi.iclirn Vcrcines Dcutachlands: Amiicher Jiericht, p. 84. Mayeiicc, Kirchlieim, lS48j.
Paralèllementàcetteaction, l'éducation dupeuple catholique suscitait, en Bade, des initiatives réiléchies, et que ne pouvaient ni décourager ni stériliser les susceptibilités et les vexations de la bureaucratie d'Etat. De quelque poids qu'un Etat opprime l'Eglise, le prêtre conserve, comme une sorte de prérogative professionnelle que nul ne songe à lui disputer, la mission d'enseigner aux enfants les rudiments de la doctrine, et de leur apprendre à épeler dans la nature le nom de Dieu et à retrouver en leur âme l'image de Dieu. La besogne est ingrate, peut-être, lorsqu'on la réduit à n'être que l'enseignement littéral d'un certain nombre de notions tout intellectuelles; elle devient plus attachante, quand le catéchiste s'efforce d'éveiller et de cultiver des vies. Il y a catéchisme et catéchisme : on eu peut faire une corvée, ou bien un sacerdoce ^
Jean-Baptiste Hirscher', professeur à la faculté de Tubingue, puisa celle de Fribourgen Brisgau, voulut que le peuple badois fût catéchisé. C'était un homme d'une conscience sûre, d'une piété chaude, d'une intelligence parfois aventureuse, aimant à méditer sur le fait religieux plutôt
1. Sur le désordre qui régnait en Bade avant Hirscher dans l'enseignement du catéchisme, voir Allian Stolz, Xachtyehet nieiues Lebens, p. .'•'».
2. Sur Jean-Baptiste Hirscher (1788-18G5), voir la courte préface mise lar Herniann Rolfus aux Xachfjrhtssene Kleinere Schriften de Hirscher Fribourg, Herder, 1868).