‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 152 sur 236 · Reinkens, Melchior von Diepenbrock, p · texte numérisé non relu

Reinkens, Melchior von Diepenbrock, p

4. Voir ses trois lettres à Hurter, des 24 septembre et 3 octobre 1844 et 5 janvier 1845 (Hurter, op. cit., H, p. 66-71).

et jamais il n'échangea sa chaire de professeur contre un trône épiscopal. Hirscher, comme jadis Sailer, professait la théologie morale, et c'est dans cet enseignement môme, poursuivi durant plus de quarante ans, que s'élabora son œuvre de catéchiste.

Lamorale chrétienne, telle que l'enseignait Hirscher, était la réalisation du règne de Dieu dans l'humanité^; et le catéchisme, tel qu'il le concevait, était comme l'histoire de ce règne ^. H voulait que le catéchiste, dans sa façon de dévoiler aux enfants l'œuvre du salut, suivît l'ordre historique dont Dieu même ht choix pour lever les voiles. Les deux premiers livres de son catéchisme révèlent Dieu, et ce qu'a fait Dieu, après avoir créé la race humaine, pour la racheter de la faute et la créer à nouveau. Les trois derniers livres révèlent l'individualisation du règne de Dieu dans les âmes, et comment Dieu nous offre ce règne, et comment nous l'acceptons, comment enfin se peut et se doit produire son avènement en nous, conséquence de son avènement en dehors de nous; les théories de la justification, de la sanctification et de l'Eglise apportent cette révélation. Enfin le sixième livre nous fait assister au com-

1. Sur la distinction que faisait Hirscher entre la fausse Aufklârutu/, purement négative, qui se borne à combattre les superstitions et les abus, et la véritable Au/kUirurifj, qui sappuie sur l'Evangile, voir une intéressante citation dans Lauchert, Franz Anton Slnudennmier, p. 307.

2. Kalechismus der christkatholischen Jir lif/ ion {F lihouY^, Herder, 1842); — lier Kleinere Katechismus der christ/catliolisclien liel'ujion (Fribourg, Herder, 184.i) ; — Erôrterunçjen ûber die yrosseti rclif/iôsen Fraycn der Geijenwart, 3 vol. (Fribourg, Herder, 1846, 1847, 18.").")). — Voir, sur l'esprit et la division des catéchismes de Hirscher, Thalhofer, Entwicklumj des Kathùlischen Katechismus in Deutschland von Canisius bis Dehuibe, p. 114- 116 et 144-151.

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plet épanouissement du règne de Dieu dans l'audelà. L'œuvre entière est comme une histoire de Dieu en fonction de l'homme, un récit des avances que fait à chacun de nous l'Invisible, jusqu'à l'éternité qui le rendra visible. Le jésuite Kleutgen, expert à saisir dans les constructions théologiques les moellons fragiles ou les lézardes cachées, n'a pas épargné Hirscheriil lui reproche d'avoir trop exclusivement insisté sur Tœuvre d'éducation que Dieu opère en nous en vue de son règne, et beaucoup trop peu, au contraire, sur la création toute gratuite de l'homme nouveau par la grâce divine, préface indispensable de cette éducation'. Quelques réserves qu'on puisse faire sur les tendances d'Hirscher, un fait subsiste : c'est que les efforts du professeur de Fribourg, depuis sa C ati'chè tique ^ publiée en 1831, jusqu'aux éditions successives de son Catéchisme, qui s'échelonnèrent de 1845 à 1862, ranimèrent le zèle pédagogique du clergé'-. Pour la commodité des enfants, les manuels du prêtre wurtembergeois Schuster et bientôt ceux du jésuite Deharbe remplaceront ceux d'Hirscher^, mais c'est à lui, pendant longtemps, que recourra le prêtre allemand pour se faire une

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