Thalhofer, op. cit., p. 14f)-i
•2. Si Ion veut avoir une idée du prix attaché par Hirsclicr au catéchisme, qu'il considère coninie la partie la plus iniportanlc de lactivité pastorale, surtout à notre é})oquc, et l'entendre développer les raisons pour lesquelles " des temps nouveaux doivent venir » dans les méthodes caléchétiques, il faut lire sa brochure: Nnchtran zur VcrfilfhnUf/unf/ iiher drn von mir hermtfif/t'f/e/jenen Kati'rhismus, p. 5 et suiv. (Fril)our};, Herder, 184J), et la préface de ses Erôr/crunf/en. ûber die yrosscn re.lif/iôsrn Frai/en der Get/enwarL p. III-VI (édit. de 1865).
3. Sur les catéchismes de Schuster, dont le premier est de 1846, et ceux de Deharbe. dont le premier est de 1847 et qu'adopteront peu à j)eu la plni)art des diocèses, voir Thalhofer, op. cit., p. llT-l'.'l, et Weiss, JJeu' iamin Herder p. Si).
âme de catéchiste. Hirscher eut d'ailleurs la bonne fortune de trouver en un de ses disciples, Alban Stolz, un interprète accompli ' : par ses trois volumes d'/ia^j/Zc^/xo/iv 2, Stolz met de l'air dans la synthèse un peu dense qu'avait édifiée le maître: il y introduit du laisser aller, de la bonhomie ; il l'éclairé, çà ètlà, d'un sourire familier, un de ces sourires tels que Stolz savait les taire rayonner. Catéchiste à ses heures, Alban Stolz^ eut le don de comprendre que la formation d'un peuple catholique requiert une littérature populaire catholique, et que tout en lui, qualités et défauts, le prédestinait à la créer. Ses études de théologie à Fribourg lui avaient fait perdre la foi, son séjour dans la ville protestante de Heidelberg la lui avait rendue; et, sans approfondir, il était retourné à Fribourg pour se faire pretre4. Voila les origines intellectuelles de Stolz: l'étude de la théologie et la découverte de la foi sont dans sa vie deux faits indépendants, presque inverses l'un de l'autre; et cela compose un curieux tempérament sacerdotal. Stolz est un original, qui doit être pris tel qu'il est : sur la récitation du bréviaire, sur le
1. stolz, Aachtijchel, p. GP, explique que la'nvie cal/'cliéliquc de Hirscher est difficile à suivre jtrjur des enfants, mais (iu"il y a en elle une veiln d'éditicalion qui manque dans les autres caléchisnics. — Sur la collatinralion catéchétique de Slolz et de Hirscher, voir stolz, Nnchli/pbct, p. illi. C est Hirscher qui, au moment où Stolz, relevé par l'Etat de ses fonction^ au ,1,'ymnase de Bruchsal, allait être relégué dans une paroisse de ca;ii pa;,'ne, 1 introduisit conmie réj>étiteur au convict de Fribourg.
•1. Katechclische. Aiislv(jun<j des Frcibunjcr Diacesan-Katechismus, 3 vd. (Fribourg, Herder, 18U-184'/). - Voir Carrv, Revue de la Snissc catlm- Itque, 1877-1878, j). 322 et suiv.
3. Sur Alban-Isidore Stolz (18n8-1SS.1), voir Hœgele, Aifmn Stolz nnch authenlischen Quellen (Fribourg, Herder, 1889) et les souvenirs de Jakol. schmitt, i)u])liés a la suite du livre de Stolz : Nnrhlnehet meines Lehrn-,- (Fribourg, Herder, 1885).
■'j. Stolz. Xarl,t,,>'l.,'i vwines Lcbcns, p. 32-33 et 37.
jeûne eucharistique, il a des idées fort peu rigoristes, comme beaucoup de prêtres badois, ses contemporains i ; il peut n'être pas très correct, lorsqn'il parle de Tefficacité des sacrements, et longtemps il jugea les scolastiques avec les lunettes d'Hirscher, qui les lisait mal, ou point du tout2; niais pour faire pénétrer Tesprit catholique dans le foyer d'un ouvrier ou la chaumière d'un paysan de la Forêt-Noire, rien ne vaut un calendrier signé d'Alban Stolz.
En 1843 parut un petit livre intitulé : Calendrier poiir le temps et pour l'éternité, pour le commun peuple et en même temps pour les messieurs de l'Eglise et du monde, par un Jésuite badois. Ce prétendu Jésuite n'était autre que notre Stolz, alors maître de latin dans un gymnase. Huit musiciens, trois fois le jour, montaient sur le clocher de la cathédrale d'Heilbronn pour exécuter des chants appropriés aux fêtes : Stolz voulait que son calendrier jouât d'un bout à Fautre de l'Allemagne ce rôle de muezzin. Moins solennel que les huit musiciens, il était tout h la fois pieux et gai, édifiant et vulgaire, avec une verve d'anecdotes qui faisait passer la parabole ; et nul ne savait comme lui, à la lin d'une historiette, après une série de trivialités dont son éditeur llerderne put jamais le corriger, décocher une pensée qui, comme une ilèche, monte vers le ciel. Ses deux premiers caUmdriers ont pour sous-titre : Mixture contre la crainte de la mort, et la Croissance de