Stolz, op. cil
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r homme ^ Stolz, sans nullement s'assombrir, fait rôder la mort autorr de son lecteur, et surgir Jésus, l'ennemi de la mort, pour racheter et consoler. Les illustrations y sont lugubres ; vous y retrouvez la cruelle valseuse des danses macabres, saisissant les humains à la taille pour un suprême tour de promenade... Au terme, Stolz ouvre l'enfer : comme ses ancêtres du moyen âge, il y met des gens d'église; et les capitalistes, aussi, y trouvent leur place et leurs tortures. Car le catholicisme d'Alban Stolz — voyez plutôt ses commentaires du Pater, qui remplissent trois calendriers- — n'aspire point à l'élégance inoffensive d'un catholicisme de bonne compagnie : c'est une religion rude et qui ne craint pas d'être une gêneuse. Elle est âpre aux humbles lecteurs de Stolz, comme l'existence leur est âpre ; mais âpre également, et d'autant plus, à ceux à qui l'existence est facile. Mammon est l'ennemi personnel de Stolz : la richesse, pour lui, c'est « de la sueur de travailleur cristallisée » ; et dans ses voyages il avait quelque scrupule à constater que la possession de quelques pièces d'argent, « chose morte et inféconde en soi », lui permettait de s'approprier quelques-uns des produits d'un pays étranger, sans
1. Stojz, op. cil., ji. !)0-92. — Voir, sur cos deux calendriers, Cany. hc. cit., 1877-1878, j). 177-183. Ils ont l'un et laufre été réimprimés avcr les gravures mêmes, souvent macabres, qui en illustraient l'édition orifjinale, dans le volume de Stolz intitulé: Kompass fur Leben und Sterbev (Herder, tribourg, 1883).
2. Ces trois calendriers, qui parurent en 184."), 1846 et 1847, sont reproduits dans le volume: Bas Vaterunser und derunendliche Gruss (FribouJ-jî, Hmlcr, 1883). — Une fois professeur à l'université de Fribourg. Stolz pulJhera, comme calendrier, la Légende oder der ckristliche Sternhimmel, traduite en français sous le titre: Vie-f des Saints iVvxhom^, TIer.ler. 1800). Cf. Carry, hc. cit., 1877-1878, p. lOf. et suiv.
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qu'il eût travaillé pour ce pays,! Lorsqu'on éprouve soi-même ces originales inquiétudes de conscience, on a quelque droit à faire souvent la grosse voix : Stolz dit leur fait aux « messieurs », et tout de suite se sent plus à l'aise pour fustiger le « commun peuple ». 11 y a du sang et il y a des muscles dans le catholicisme de Stolz, et rien d anémié, rien d'énervé, rien d'affadi : toute cette foule badoise qui, depuis plusieurs générations, n'entendait que des prônes vaguement philosophiques ou mesquinement utilitaires, comprit, après lecture de quelques calendriers (et la collection se poursuivit, annuellement, jusqu'en 1865), ce que c'était que le catholicisme et que vivre catholiquement. L'idée religieuse, avec Stolz, devint l'inépuisable thème d'une littérature populaire. L'heure était proche où tous sauraient lire et aimeraient à lire : Stolz conquit au- catholicisme droit de cité dans le domaine de la librairie.
Les familles allemandes continuèrent de lire et d'aimer les célèbres récits que le bon chanoine Schmid, malgré son grand âge, offrait encore aux petits Allemands, et que de zélés traducteurs reproduisaient dans toutes les langues; mais si l'on excepte Advlaïde de Thalheim et deux ou trois autres nouvelles, les œuvres du chanoine demeuraient exemptes de toute préoccupation confessionnelle ; comme son maître Sailer, il s'etforçait, surtout, de combattre le rationalisme dans les esprits de son innombrable clientèle-^; et protes-
1. Hœfîele, op. cit., p. 278-294, et en particulier j). 280-281.
2. Voir ce que dit, à ce sujet, Werfer, neveu du chanoine, dnns le;' Mémoires de Schmid, trad. Dodille, p. 623-624.
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tants et catholiques s'édifiaient pareillement à son école. Pour une période de luttes et d'action catholique, une littérature plus militante semhlait souhaitahle : Stolz en fut l'entreprenant ouvrier. Un éditeur, Benjamin-Ignace llerder', survint à l'heure voulue, pour collaborer à cette œuvre. Un Herder, en 1815, suivait en France les troupes alliées, à titre d'imprimeur et cartographe militaire : lorsque les fourgons de l'étranger s'en furent allés de chez nous, sa petite typographie reprit racine à Fribourg, publiant quelques cartes, éditant la revue catholique et fort peu romaine que dirigeaient Wessenberg et ses disciples'^. 11 mourut en 1839, à l'heure où l'Eglise d'Allemagne se réédifiait. Au chevet de Fédifice nouveau, pourquoi ne point appuyer une maison d'impressions catholiques comme contrefort? Benjamin Herder, qui devenait chef de la librairie, avait à peine dépassé vingt ans, l'âge où les rêves sont en fleurs, — en fleurs qui peut-être sécheront. 11 fit ce rêve, auquel s'adonnait de longue date, en Bavière, l'imagination laborieuse du vieux Gœrres'; la plus grande librairie catholique de l'Allemagne était fondée. Tout de suite il se mit en campagne, à Munich, h Tubingue, à Vienne, pour recruter les collaborateurs du grand Dictionnaire de l'Eglise, dont la publication commença en 1846, et auquel s'attelèrent la plupart
1. AVoiss, Benjamin Hrrder, p. 7 {2' édit., Frilunirg, Herder, 1900). Herder avait épousé la fille du numismate Strebcr, i)etite-fille de Dietz, de Coblentz, le « valet de notre Seigneur Dieu » (cf. ci-dessus, p. 93).
2. Mitteilurif/en der Hcrderschen Verlagshandlunq zu Freiburq im Breisijnu, mai-septembre 1901, p. 3.