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de quelles joies tressaillait sa jeunesse lorsqu'il contemplait, dans les pages de Mœliler, « la grande œuvre du grand Dieu » ; dix et vingt ans après, dans ses écrits^, il rappelait avec gratitude ce livre « incomparable, vraiment classique, d'une impérissable valeur ». Il y avait coïncidence, d'ailleurs, entre les tendances de Mœhler et les aspirations de l'époque, et la coïncidence fut salutaire. Un certain séparatisme mystique trouvait alors crédit parmi les âmes pieuses : Téveque Sailer, le jeune médecin Ringseis, s'étaient laissé quelque peu fasciner, nous l'avons vu, par le prêtre Boos et autres illuminés wurtembergeois^. Mœhler survenait, et parlait, lui aussi, de l'Esprit, il en faisait toucher l'immanence dans l'Eglise, et dans elle seule ; et c'est en vertu de considérations mystiques, au nom même des désirs des mystiques, qu'il laissait voir qu'il n'est pas bon que l'âme s'isole orgueilleusement avec l'Esprit, et qu'elle ne doit faire qu'un avec le corps social de l'Eglise.
luité ([ui s'en dégageaient, le brillant tableau de l'Eglise, où s'éj)aiiouissait l'esprit des Pères, nous fascinaient tous, nous jeunes gens. Nous estimions que Mœhler avait dégagé, des scories des âges postérieurs, un christianisme frais et vivant. Une Eglise purifiée des lacunes et des abus, aussi proche que i)ossible de l'idéal de la vieille Eglise, planait devant nos yeux; le développement de la science théologique devait, d'après nous, entraîner nécessairement la réforme d(; l'Eglise. » (Friedrich, Ifpuiz von Dirllinf/e>\ I, p. 150.)