Kampe, op. cit., III, p
2. Vainhageu, Tagebiicher, III, p. 39 : la remarque est du 27 ft vrier 1845.
LUtTES DANS L^ÉGLISÈ 30S
état social, et pronostiquait de hautes destinées au mouvement de Ronge, parce qu'à l'issue de ce mouvement les classes sociales qui étaient en passe deconquérirTautorité politique posséderaient aussi, dans l'Eglisenouvelle, l'autorité religieuse, et parce que, grâce à Ronge, la société religieuse à son tour, comme la société civile, allait être pénétrée par un principe permanent de révolution*. Qu'il y eût un lien entre la levée des catholiques dissidents et l'avènement imminent d'une nouvelle couche sociale, c'est ce qu'indiquait aussi, dans ses Dialogues sur l'Eglise et VEtat^ le général de Radowitz^. Il n'était pas jusqu'au communisme qui, dans l'Eglise « catholique allemande », ne commençât à parler haut, par les lèvres du professeur Nées d'Esenbeck, le naturaliste de Rreslau 3. (( M. Ronge, écrivait un observateur français, est
1. Kamjie, op. cil., ni, p. 207-200. Le mouvement, expliquait en substance Gcrvinus, n'a pas des origines théologiques, mais des origines populaires : le peuple veut prendre en mains ses affaires religieuses. Les théologiens demandent où est le symbole, où est la personnalité directrice ; celte question même témoigne que ressence du mouvement leur échappe. Il ne s'agit pas, non plus, d'un mouvement analogue à ceux de Silésie et de Bade. C'est le peuple moyen {mittlere Volk) qui veut réaliser l'amélioration de l'Eglise; les peuples se substituent aux individus. Qu'importent les divergences? Il en résulte un vaste système de tolérance réciproque ; c'en sera fait du zèle confessionnel, et une union ecclésiastique nationale sera réalisée, ce sera le commencement de l'union allemande. La Prusse devrait couronner sa politique en soutenant les « catholiques allemands » ; le trait fondamental de la nouvelle Eglise sera l'individualisme ; la base en sera une formule de foi chrétienne assez large pour ne choquer personne.
2. Radowitz, (resin-nche ans der Gcgcnwui't ûbcr Slaat urul Kirchp, p. 251 (Stuttgart, Bêcher, 1846) : Arneburg explique que les plus courtes vues ont désormais discerné que l'assaut des « catholiques-allemands » vise toutes les vérités communes aux confessions chrétiennes; p. 252, AValdheim remarque que les progrès du « catholicisme-allemand » répondent à merveille à l'état d'esprit superficiel d'une certaine bom-geoisie [Mitlelstaad).
3. Voir dans Kampe, op. cit., II. p. 107-112, la grande séance de la communauté de Breslau, le 30 décembre 18iG, où Regenbrecht conduisit l'assaut contre le ciminiunisme de Nées d'Esenbeck.