‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 191 sur 236 · AVigard, op. cit., p · texte numérisé non relu

AVigard, op. cit., p

4. Voir la déclaration de Beda AVeber dans le Parlamenlsalbum (Wichmann, op. cit., p. 488).

T). Vogt ajoutait (Wigard, op. cit., p. lfi;!a), que les biens d'Eglise devaient être donnés aux communes et qu'elles en feraient ce qu'elles voudraient. — A maintes reprises, des orateurs exprimèrent l'espoir que l'Eglise catholique allait se démocratiser : par exemple, Wedekind (Wigard, op. ciL, p. 1049-1050); — Nauwerk (Wigard, op. cit., p. 109^ 1695); — Hagen (Wigard, op. cit., p. 1097-1090); — Kuenzer (Wigard, op, cit., p. 1707-1709).

3bO LUTTES ET VICTOIRES

contre l'évoque, et surtout contre Rome... C'est ainsi que les catholiques voyaient se dessiner un péril inédit: n'avaient-ils tant lutté contre les bureaux qui tyrannisaient FEglise que pour la livrer, dans chaque village, au césaro-papisme du corps électoral? La puissance spirituelle allait-elle être asservie aux caprices du peuple, comme hier à un caprice des fonctionnaires? Les radicaux savaient que, dans le petit clergé, les visées des députés catholiques étaient parfois médiocrement accueillies! : aux yeux du prêtre frondeur, l'Eglise indépendante, c'était l'éveque devenant souverain ; et dans rassemblée môme de Francfort, un prêtre du Palatinat, Tafel, invoquait cet épouvantait pour répudier énergiquement toute déclaration d'indépendance de l'Eglise^. La discussion se déroulait à travers des détours inattendus : Ja crainte inspipirée par l'ultramontanisme coalisait en d'imprévus applaudissements certaines mains qui n'avaient pas coutume de se serrer entre elles. Finalement F'œrster, le futur prince-éveque de Breslau, dut faire un long discours pour montrer que le péril ultramontain n'existait pas 3.

Les multiples orateurs, sur quelques bancs qu'ils siégeassent, ne s'occupaient à peu près que du catho-

1. Que de pareilles craintes existassent dans le clergé de Munich, c'est ce dont Reithniayr envoyait à Dœllinger le témoignage, dans une curieuse lettre citée par Friedrich, lynaz von Bœllinger, II, p. 386-387.

2. Wigard, op. cit., p. 1653-1655. — Ce même Tafel, en 1838, s'était opposé, comme rapporteur au /-a«rfm</t, à la proposition de Geissel, alors évèque de Spire, de créer pour les instituteurs catholiques une écolo normale distincte (Remling, Ni/colaun n. Wcis, I, p. 213).

3. Wigard, op. rit., p. 1703-1705. — Rapprocher les précautions que pril le nonce Viale Prela pour éviter que sa rencontre avec farchevéquc Geissel ne fût interprétée comme une manœuvra ultramontainc (Pfi'ilf, Ca-diiial rori GrissrI, I, p. 537).

l'année 1848 351

licisnie ; on parlait fort peu des confessions évangéliques. Quelques-uns se rendaient compte qu'une fois détachées de l'Etat, ces confessions manqueraient de cadre, et peut-être péricliteraient^; d'autres répondaient que ce serait tant pis pour elles, si elles ne trouvaient pas en elles-mêmes les éléments nécessaires de vie 2. Un pasteur protestant de la Bavière, Bauer, fut seul, dans cette lutte, à plaider expressément les intérêts du protestantisme, et à répudier au nom de son Eglise cette autonomie dont les catholiques lui proposaient le cadeau^. Le débat, en fait, était non pas entre le catholicisme et la Béforme, mais entre Tidée d'Eglise, telle que seul le catholicisme l'incarnait, et la conception de l'hégémonie de l'Etat sur les consciences.

Phillips^ Millier (de Wurzbourg)', Radovvitz'', Dœllinger'^, affectaient de parler en patriotes plutôt qu'en catholiques en expliquant que ce n'était pas la coexistence des communions chrétiennes qui avait divisé l'Allemagne, mais bien l'immixtion des souverainetés laïques dans la vie de ces communions. Ainsi les revendications catholiques

1. Discours de Schwarz (de Halle), dans Wigard, op. cit., p. 1705-1707.

2. Voir le discours du député catholique Sepp (AVigard, op. cit., f. 1688-1G92).

3. "Wigard, op. cit., p. 1682-1G84. — li est curieux de rapprocher de ce discours où Bauer, en souiiîie, réclame la continuation de la mainmise de l'Etat sur l'Eglise, le discours du prêtre catholique Vogel, de Dillingen, racontant son embarras lorsqu'à la Chambre bavaroise il devait légiférer au sujet de l'Eglise protestante (Wigard, op. cit., p. 1651-1652).

't. Wigard, op. cit., p. 1642.

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