‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 194 sur 236 · Wigard, op. cit., p · texte numérisé non relu

Wigard, op. cit., p

2. Wigard, op. cit., p. 1673-1678. — Cf. Friedrich, lotiaz von Dodlinyer, II, p. 392-407.

3. Wigard, op. cit., p. 1990-1994. —Voir, sur ce vote, Beda Weber, Charakterbildcr, \). 372.

4. Son discours, dans lecjuel il espère que le mouvement synodal émancipera lEglise de l'Etat, se trouve dans Wigard, op. cit., p. 1707-1709.

daciion, dans laquelle il exprimerait, tout à la fois, l'autonomie de l'Eglise en ce qui regarde ses propres affaires et la subordination de l'Eglise au législateur laïque^. La formule était ainsi libellée :

Toute société religieuse ordonne et gouverne ses affaires avec autonomie, mais reste, comme toute autre société dans l'Etat, soumise aux lois de TElat.

Il y avait quelque équivoque dans ce texte ; la seconde phrase limitait jalousement la première; les deux idées que le doyen Kuenzer avait voulu marier entre elles risquaient, dans la pratique, de se contredire et de se combattre, bien loin de s'harmoniser; mais en votant cetarticle^, le Parlement de Francfort mettait un ter aie au système Joseph iste, et fermait un chapitre d'histoire. On ne savait pas exactement, à la lueur confuse d'un pareil texte, ce que serait l'Eglise d'Allemagne, le lendemain et le surlendemain; mais ce qui était devenu certain, c'est qu'elle ne ressemblerait pas à FEglise de la veille et de l'avant-veille; et c'est que le vote émis à Francfort par la représentation du peuple allemand donnait une arme aux sacerdoces contre les tentatives d'immixtion des pouvoirs civils.

1. Voir clans Wigard, p. 1089, la façon dont il commente sa motion. — I/evèque Geritz, eu son discours, avait, au contraire, déclaré que si Ion maintenait le jus circo sac7^a, les conséquences du principe d'indépendance seraient illusoires (Wigard, op. cil., p. 1079- 1080).

2. Le vote est du 11 septembre (Wigard, op. cit., p. 199ô). Tons les vœujç supplémentaires tendant à la liberté de la collation des charges ecclésiastiques, à la suppression du ploci, furent rei)Oussés (Wi<^ard op. cit., p. 199G-2(JU1). Vf.»

Les radicaux avaient à maintes reprises affirmé que l'émancipation des confessions religieuses devait avoir une rançon, et que c'est dans le domaine scolaire que cette rançon serait exigée'. Ils firent comme ils l'avaient dit : en dépit d'un discours de Ketteler^, 316 voix contre 74 dépouillèrent le clergé, « en tant que clergé », du droit de surveiller l'école '^ Ils obtinrent une autre victoire, en faisant voter que Jésuites et Rédemptoristes demeureraient exclus d'Allemagne. Le général Radowitz, qui d'ailleurs représentait en cela l'opinion de la majorité de ses collègues catholiques, avait formellement déclaré, à la tribune, que tout en s'opposant à des mesures d'exception, il croirait devoir, par intérêt pour l'Eglise, combattre le rétablissementdes Jésuites en Allemagne, si ce rétablissement était souhaité^. Cette décla-

1. Par exeinpie, Yischer, de Tubingue (Wigard, op. cit., p. 1635-1637); lîiedennann, de Leipzig (Wigard, up. cil., \^. 1642-1644] ; Yogt, de Giessen (p. 1668-1670); Zinimerinaiin, de Stuttgart (p. 1701-1703). — Les radicaux sentaient, d'ailleurs, surtout à la suite du Congrès des instituteurs tenu à Eiscnach à la fin de septembre, quils avaient pour eux beaucoup d'instituteurs : l'un de ceux-ci, Paur, de Neisse, joua un rôle important dans la discussion scolaire. Voir P>eda AVeber, Charakterbildcr, p. 381-383.

2. AVigard, op. cil., p. 2182-2184. — Cf., sur la question scolaire, la lettre de Ketteler à ses électeurs {liriefe von und an Kettcler, édit. Raich, ]). 160-167). et Staudenmaier, Dir Kirc/iliche Aufijabc dcr Gcf/enwart, p. 167 et suiv.

3. Wigard, op. cil., p. 2?1,)8 : le vote est du 26 septembre. — Visclier, de Tubingue, saluait l'instituteur comme lliéritier du curé (Wigard, op. cit., p. 2175-2177).

4. Wigard, op. cil., ]>. 1696. — Friedrich, If/naz con DfvUinfier,l\, p. 415, voit dans cette déclaration la plume de Dœllinger. Sur le véritable état desprit de Radowitz et sur la suri)rise que provoqua parmi certains de ses collègues cette déclaration, voirie témoignage d'Auguste Reichensperger, dans Pastor, op. cit., I, p. 257, n. 1. — Dans les Gesprtiche iïhcr Kirdœ und Staat, p. 331-333, AValdheim, (lui représente Radowitz, exi)lique qu'en chaque siècle l'Eglise crée les ordres qui conviennent aux besoins de l'époque, et qu'il est fort douteux que, dans les circonstances i)résentes, Tordre des Jésuites puisse avoir une action efficace On trouve déjà une opinion analogue sur les Jésuites, dans un article

l'année 1848 357

ration ^onait et paralysait les avocats des Jésuites. Auguste Reichensperger, par un artifice parlementaire, put faire différer d'un mois environ le vote d'ostracisme 1 ; mais lorsque l'inlolérante motion revint à l'ordre du jour, les catholiques gardèrent le silence et mirent une joie discrètement maligne à laisser le Parlement commeltre une bévue, enfrappant, enméme temps que les Jésuites, « les Rédemptoristes et les Liguoriens2 ». L'ignorant rapporteur s'était figuré que les Rédemptoristes étaient un ordre, et les Liguoriensun autre; on eût dit qu'il dédoublait ses victimes, pour se donner la sensation de frapper plus fort et d'un coup plus sûr. Mais en dépit de ces représailles radicales, l'Eglise catholique sortait à demi victorieuse des délibérations de Francfort, puisqu'elle en sortait autonome.

Montalembert, bientôt, allait tirer de cette histoire un argument pour montrer ce que l'Eglise peut gagner à un régime de discussions^. L'exemple, en etfet, était décisif, et d'autant plus frappant qu'il était confirmé par un autre spectacle, que donnait la Chambre berlinoise. Là aussi, de juillet en octobre, une commission parlementaire avait travaillé, sous la présidence de Waldeck, un homme de gauche, pour élaborer une constitution ; et dans le projet qu'elle avait rédigé, le principe

daté de Rome, publié au Bhcinischcr Mcrkur (1814, n» 133), et que Kraus croyait avoir été écrit à Coblentz et être de la plume de Gœrres (Spectator, lieilaf/c zur Allgemoinen Zcituru/, l^' mars 1898). — Jarcke, lui, voulait les Jésuites, non comme éducateurs, mais comme missionnaires (Friedrich, Ifjnaz von Ba-llini/er, II, p. 20 et suiv.).

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