‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 197 sur 236 · Bl'ùck, op. cit., p · texte numérisé non relu

Bl'ùck, op. cit., p

2. Jean-Baptiste Heinrich (1816-1892) et Christophe Moufang (1817- 1889) joueront dans la seconde moitié du siècle un nMe ({ui plus tard nous occupera. Voir l'ahrégé de leur vie dans Schulte, iJir Geschiclite der Quellen und Literatur des canonischcn Redits, III, i.p. 421 et 429-430.

3. Sur l'esprit dans lequel furent créées ces associations, voir, par exemple, la correspondance entre l'évèque Jean Laurent et son frère Joseph, fondateur, à Aix-la-Chapelle, du Piusverein pour la liberté civile et relii/ieuse... « Le conflit entre la hourgeoisie et le peuple, écrit Jean Laurent au lendemain dune émeute, est d'autant plus triste, que l'excitation du peuple était tout à fait légitime. Il serait d'autant plus nécessaire que la hourgeoisie cherchât à regagner le peuple. Les catholiques ne devraient pas laisser cela aux radicaux. » Et Joseph Laurent estime qu'il faut instruire les illettrés, avant tout, sur les questions politiques en tant quelles touchent le terrain religieux (Karl Mœllor, op. cit., III, p. iv et 5-0).

ouvrit le meeting. C'était clans la grande salle de l'ancien palais des princes-éveques. An plafond, les dieux de l'Olympe continuaient de se livrer h une sorte de carrousel, sous une grêle de flèches que lançaient de malins x\mours* ; mais ils n'étaient plus honorés, comme jadis, du sourire de prélats lihertins. Là où ces prélats avaient tenu leur cour, le peuple catholique affluait, impatient d'entendre parler du Christ et de savoir comment le servir. Fier et joyeux, Lennig rappela le passé, l'époque des entraves, l'époque, aussi, de l'égoïsme catholique : il accusa, tout ensemble, les bureaucrates de la veille et les catholiques de la veille. « Nous déplorions l'injustice et la perfidie de la presse, déclara-t-il; mais quant à lui opposer un contrepoids, notre égoïsme nous en empêchait. » L'Eglise allemande avait cette vertu rare, de savoir s'accuser, se confesser, se repentir. Lennig s'emparait de ces deux mots : liberté, association, l'un négatif, l'autre positif; il les commentait avec éloquence. Il avait d'infinies générosités : « Nous ne combattons pas la liberté de ceux qui croient autrement que nous; nous leur offrons plutôt notre aide conformément à nos statuts, là oii il s'agit de défendre leur liberté contre l'empiétement... » La religion, par ses lèvres, déclarait la guerre à l'absolutisme; elle commença, sitôt après, la revue de ses forces 2.

1. Voir à ce sujet les impressions de Beda Weber, CharakterbiUler, p. 398 et suiv. — Le document essentiel sur cette assemblée est le compte rendu même publié à Mayence (Kirchhcim, 18'i8) sous le titre : Verhandlunyen der ersten Versnmmlunf/ des KathuHschen Vereines Deutschland^ um 3, 4,5, G Oktoher zu Mainz, Amtlieher Bericht,

2, liericht, p. 3-8,

L AiNNÉE 1848 363

Buss raconta la campagne de conférences que là-bas, en Bade, il avait conduite, de village en village, pour grouper les consciences et réchauffer les cœurs : les radicaux le suivaient, le traquaient, parlaient de le «refroidir»; il leur échappait, poursuivait sa course, et derrière lui, dans les campagnes badoises, quatre cents associations étaient nées*. Le professeur Baltzer et le vicaire Wick apportaient le salut des villes silésiennes'^, où riiostilité des fonctionnaires n'avait pu prévaloir contre les jeunes groupements catholiques, et où les sourires d'une certaine noblesse, raillant « ces réunions de savetiers,^ » n'avaient fait qu'accélérer l'entente entre prêtres et travailleurs. Kretz parlait de la Westphalie ^, Lasinsky parlait du pays trévircô ; Lingens, le futur député du Centre, répercutait les échos d'Aix-la-Chapelle^' ; d'Andlau, le parlementaire badois, inclinait son port d'aristocrate devant la jeune démocratie catholique.

« Beaucoup de gens des hautes classes et des classes cultivées, af(irmait d'Andlau, ont perdu, avec la foi vivante, l'intelligence propre. Le peuple, lui, sait mieux pénétrer la situation, et 3e dont le monde et TEglise ont besoin. Nos associations, en fait, se composent d'éléments démocratiques, et ont même une tendance démocraique. J'appartiens à l'aristocratie, mais populaires

Page 1