‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 203 sur 236 · II. U · texte numérisé non relu

II. U

S'en allant au Parlement de Francfort, Auguste Reichensperger avait inscrit sur son programme, avant tout, les « intérêts de la classe ouvrière », et il avait ajouté : « Sur le terrain de la religion, qui proclame la fraternité de tous les hommes et l'égalité de leurs droits, il faut travailler, avec vigueur et décision, pour qu'à chaque citoyen soit assurée, non seulement son existence, mais une existence digne de l'homme i. «L'assemblée de Francfort n'avait pas offert à Reichensperger l'occasion de développer ce programme social ; mais à Mayence, la question sociale fut solennellement inscrite à l'ordre du jour. « Elle est la grande tâche du temps présent ^), disait Lingens, d'Aixla-Chapelle, le même qui, vingt-trois ans après, dans une Allemagne, hélas! agrandie, exaltera de ce même enseignement un de nos officiers captifs, le comte Albert de Mun. « La question sociale est la question la plus difficile, reprenait le cnré Ketteler. On verra bientôt que l'Eglise en a la solution. » Un pasteur évangélique, à Francfort, avait, au nom de sa confession, exprimé de semblables pensées ; Ketteler poursuivait : « La lutte entre la foi protestante et la foi catholique sur le terrain du dogme s'assoupira ; elle naîtra sur le terrain des questions sociales^ .» Le discours se terminait parl'évocation de saint Thomas d'Aquin : il semblait que le verbe social qu'attendait 1848

1. Pastor, August lielchcnsperf/er, I, p. 237. — Cf. le mot d'Augiisti' Reichensperger à son ami Thimua : « Il est nécessaire de montrer comm. mi! je catholicisme s'intéresse à la solution du problème du paupérisme. (Pastor, Auymt Reichensperger, I. p. 231.)

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