‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 21 sur 236 · Knoodt, op. cit., I, p · texte numérisé non relu

Knoodt, op. cit., I, p

4. Kleutgen, la Philosophie scolastique exposée et défendue, trad. Siei'p, i, p. lu.

affectait de préférer les intuitions de la mystiqn»» aux déductions de l'école, et, par la plume d( Frédéric Sclilegei, s'exprimait sur le compt» d'Aristote et de saint Thomas avec une très mé diocre sympathie i.

Puis Fhermésianisme était venu : il avait constaté les exigences de la philosophie moderne, e reproché à la scolastique d'être aussi infécond( pour les satisfaire qu'impuissante pour les réfuter A l'école du criticisme, Hermès avait appris l distinguer le concept et l'idée : le concept, produii de l'entendement [Verstand), et servant à penseï ce qui nous a été fourni par l'expérience ; l'idée, produit de la raison [Veiimnft], et servant à comprendre ce que nous avons pensé, c'est-à-dire à penser la réalité même, fondement des chosesconçues par l'entendement. La scolastique, coupable d'avoir ignoré cette distinction, était taxée par les hermésiens de n'être qu'un pur nominalisme ; ils la réputaient emprisonnée dans des vérités formelles et logiques, et à jamais incapable de conduire l'esprit jusqu'à la vérité métaphysique elle-même.

(îïinther, sans hésitation, fit écho à ce réquisitoire ; très formellement, il accusa la scolastique de n avoir pas su démontrer scientifiquement la différence essentielle de Tesprit et de la nature, ni même déterminer exactement le caractère de

1. « Le regretté Schlegel, écrivait à Gûnther le prédicateur Veith. a souvent, très souvent, affirmé sérieusement que saint Thomas d'Aquin fut un pur rationaliste. « (Knoodt, ojo. cit., I, p. 258.)— Et le même Fréliéric Schlegel. comparant à la scolastique la mystique du moyen âge, écrivait : ■< Cette méthode mystique, si opposée à la scolastique, était incomparablement la meilleure et la seule véritable. >. {Histoire de ta littératiur ancienne cl morlenie. trad. Duckett, IL p. 76.)

xtte différence *, et prétendit démontrer, en trois points, que saint Thomas était tombé dans le panthéisme-^. Mais tandis qu'Hermès, en face de la scolastique ainsi décriée, n'avait pas eu le temps de construire, à proprement parler, un système de philosophie chrétienne, Giinther, au contraire, ^'attacha — le mot de Saint-René Taillandier est strictement exact — à renouveler la théologie catholique.

Comment il distingue la connaissance logique, conceptuelle, qui ne pense que les phénomènes, et la connaissance rationnelle, idéale, la science, qui pense l'être lui-même; comment la conscience de soi-même, la pensée du moi, lui paraît être la première forme de cette connaissance idéale et ila condition de cette science de l'être ; et comment enfin, dans ces pensées de la raison, dépendantes de la conscience, se révèle à nous, d'après Gûn- 'ther, l'essence de l'esprit et sa distinction d'avec la nature : c'est ce que nous ne pourrions faire pleinement comprendre sans dépasser les bornes de celte étude; et si d'aventure nous voulions nous attacher à un long et minutieux exposé de la philosophie guntherienne, une question subsisterait, question essentielle, sur laquelle il nous faudrait désespérer de faire la lumière parce que Gûnther ne l'a pas faite, question qui pourrait se formuler ainsi : S'il est vrai, comme le croit Gûnther, que l'âme raisonnable est tout à fait distincte du principe de la vie corporelle et de la connaissance sensible; s'il est vrai qu'à l'origine,

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