FriPilricli, hjnaz von Dtrilinyer. IT, p. 'M'A
2. Vingt-cinquième séance, 8 noveiul^re {CoUectio Lacensis, V, p. 109U).
3. Vingt-septième séance, 10 novembre {CoUectio Lacensis, V, p. 1104).
4. Les cinq métropolitains devaient avoir mission de préparer ce concile, avec lagrémenl du Saint-Siège (26* séance, 9 novembre. Collectiu Lacensù, V, p. 1100). — Les trois lettres de l'assemblée de Wurzbourg a Pie IX sont publiées dans la Colleclio Lacensis, V, p. 98'S-!)03.
5. La réponse de Pie IX est du 26 juin 1840 [CoUectio Lacensis, \. 11. 094-996).
6 liericlit, p. 82-83. — Cf. Friedrich, If/naz von /UrUinf/er, Cl. p. 432-43."
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catholicisme », atlroiiteraitla grande Eglise, et que Dœllinger, quarante-deux ans après Wurzbonrg, mourrait dans une sorte de solitude spirituelle, à mi-chemin entre l'Eglise, dont en 1871 il se séparera, et la chapelle nouvelle où jamais il n'osera formellement entrer.
Cet automne de 1S48 était par excellence une saison d'incertitude politique; Francfort, Berlin, Vienne pressentaient un lendemain redoutable, et d'autant plus redouté qu'on l'ignorait; c'était une de ces heures où les hommes se sentent « agis » plus qu'ils n'ont conscience d'agir. On savait h peine, dans l'Allemagne d'alors, quel était l'Etat et oii il était; on savait moins encore où il serait demain, et quel il serait demain. Le Parlement de Francfort n'était-il qu'une crise, ou bien édifiait-il une architecture durable? L'Etat avec lequel l'Eglise aurait prochainement à traiter serait-il un corps fédératif dont ce Parlement était comme l'organe prématuré, ou bien l'Eglise s# retrouverait-elle en présence d'une mosaïque de souverainetés à demi absolues? Les évêques rassemblés, sans s'attardera d'inutiles pronostics sur l'issue des agitations, se tixèrent la ligne de conduite que suivrait l'Eglise à l'endroit de l'Etat, quel qu'il fût. Dœllinger la définissait en ces termes ;
En dépit des événements récents, en dépit des changements qu'on peut encore attendre, il n'appartient point à l'Eglise, en Allemagne, d'amener ou de désirer une séparation d'avec l'Etat. De même que l'Eglise ne se sépare de personne qui ne soit auparavant séparé d'elle, intérieurement ou extérieurement, elle ne doit pas se séparer d'avec l'Etat, c'est-à-dire d'avec cette puissance d'ordre public qui ne peut reposer que sur une base morale et religieuse ; elle ne doit pas vouloir enlever complètement à l'Etat ce qu'il conserve encore de caractères chrétiens. Si l'Etat, actuellement, devait se séparer d'elle de plus en plus, limiter son influence, la combattre même, l'Eglise, de son coté, ne devrait pas rompre des liens, qu'elle-même a noués dans une entente mutuelle. En tant seulement que la puissance de l'Etat, dans un sentiment d'hostilité, exploiterait au préjudice de l'Eglise, et pour son oppression, les derniers anneaux de la chaîne qui liait jusqu'ici l'Eglise et l'Etat, l'Eglise devrait, par une légitime défense, briser de son côté ces derniers anneaux. Dans la mesure, donc, où la puissance de l'Etat se sépare de l'Eglise, l'Eglise se comporte d'une façon purement passive; elle laisse advenir, sans l'approuver, ce qu'elle ne peut empêchera
Ainsi FEglise d'Allemagne se refusait à prendre l'initiative d'une rupture, et ne consentait pas, inversement, à subir, avec une systématique résignation, les sévices que lui pourrait infliger l'Etat. On prenait, à Wurzbourg, des décisions très formelles contre l'exercice du droit de placet par le pouvoir civil 2; on protestait, en théorie, contre
1. Quatrième séance, 25 octobre (CoUectio Lacensis, Y, p. 1012). — Cf. l'opinion de Buss, d'après laquelle la séparation absolue entre l'Eglise et l'Etat j)eut, dans certaines circonstances, être relativement opporluni'. mais ne doit jamais être considérée connue une loi durable {Die Gemeittsmnkeit der Recfde und der Inleressea des KathoLicisrnus in Frankreicli und in Teutschland, p. 142-147).
2. Seconde séance, 24 octobre {CoUectio Laccnsis,\, p. 1U07-1()09): on fit observer, dans la discussion, combien la liberté de la presse, permettant la publication dans les journaux de tous dijcuments ecclésiastiques, rendait illusoire et superflu l'exercice; du droit de placet par le pouvoir
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les empiétements qu'au nom du droit de patronat les souverainetés laïques commettaient dans la vie de l'Eglise i, et contre l'usage qu'avaient certains prêtres d'en appeler à l'Etat des décisions épiscopales 2; on déniait à l'Etat le droit de s'ingérer dans les concours établis en certains diocèses pour la collation des cures ^'; on affirmait les droits de la hiérarchie ecclésiastique sur les séminaires et les facultés dethéologie ^ : les maximes joséphistes étaient ainsi contredites, de point en point, par le colloque épiscopal; le système de gouvernement qui, depuis plus d'un demisiècle, oppressait l'Eglise d'Allemagne, était rejeté par cette Eglise; et le droit canon trouvait sa revanche, à la faveur de la révolution. Mais cette révolution même menaçait l'Eglise d'un autre asservissement : les radicaux de Francfort, on l'a vu, rêvaient d'une combinaison d'après laquelle le droit de patronat exercé par l'Etat passerait aux communes. Les évoques, peu sou-
1. La discussion occupa toute la première séance, 23 octobre. (Co/Zec^o Lacensis, V, p. l1003-1007). Précisément, dans les années précédentes, les prétentions de la Bavière au droit de patronat avaient donné lieu à d assez épineuses difficultés dans le diocèse de Spire (Remling, Nikolaus von Weis, I, p. 3G7-36U). Les objections de l'archevêque Vicari et des autres évèques de la province du Haut-Rhin, où le droit de patronat était très usité, et lesobjections de révèquedeCulm,expliquantque dans son diocèse, où l'Etat s'était substitué aux grands maîtres de l'ordre teutonique, l'Eglise serait a)>pauvrie si l'Etat ne remplissait plus ses devoirs de patron, amenèrent l'assemblée à émettre, en faveur de l'abolition du droit de l)atronat, devenu « une entrave », un vœu plus platonique qu'impérieux, corrigé par cette formule: « Le droit de patronat doit être considéré comme sacré, là où il est Kirchenvechtlœh ». - Cf. Pfulf, Cardinal v. Geissel, I, p. 540-541, l'opinion de Diepenbrock au sujet des incouTénients pratiques qu'aurait, pour l'Eglise de Silésie, la suppression effective de tout droit de i)atronat.
2. Troisième séance, 24 octobre [Collectio Lacensis, V, p. 1010-1011).
3. Douzième séance, 30 octobre {Collectio Lacensis, V, p. 1035-1036).
4. Onzième séance, 28 octobre {Collectio Lacensis, V, p. 1031-1033).
cieux de permettre cette intrusion de la démagogie dans le fonctionnement des paroisses, condamnèrent nettement un pareil projet K « L'Eglise catholique, jusqu'ici aflaiblie et opprimée par l'arbitraire des fonctionnaires, salue la liberté comme l'élément propre de sa vie » : telle était la formule que Dœllinger et Krabbe soumettaient au vote de l'assemblée 2, et cette formule, à laquelle d'autres plus explicites furent finalement préférées 3, en résumait bien l'esprit. Ce que voulait l'Eglise germanique ressuscitée, c'était son autonomie; quanta souhaiter une puissance politique dans l'Etat nouveau, elle se défendait d'y songer. Le vicaire apostolique de Saxe ayant demandé comment on pourrait assurer à l'épiscopat une représentation dans les futurs corps législatifs, Dœllinger et Geissel répliquèrent que l'Eglise se nuirait en insistant, et qu'une seule chose importait : qu'elle fût libre ^.
Il y eut, dans cette assemblée de Wurzbourg, des séances et des mots qui portent par excellence la date de l'époque. « Dans un jardin, s'écriait Lennig, il n'est pas mauvais de laisser à toutes les herbes toute leur liberté, pourvu que de bons jardiniers aient l'accès du jardina » L'idée de
1. Proinirre séanco, 2:i octobre {Colleclio Lnccnsh, V, j). 1007).
-i. Hiiitii'iuo séance, '11 octobre {Colleclio Laceusis, V, j». 1021).
:i. Neuvième séance, 21 ociohve {Collée tio Lacensis, V, j). 1027).
4. Vingt-cin(iuième séance, 8 novembre {Colleclio Lacennis, V. p. 1091- 1092). .
:>. Huitième séance, 27 octobre {Colleclio Lacensis, V, p. 102'i). — Lennifi- parlait ainsi en réponse à Tévèque Richarz, d'Auj^sbourg, qui Sdutenalt (pie c'était seulement dans le domaine relif-ieux que l'Eglis.' avait le droit divin d"enseigner. qui eslimnit que la liberté générale d'en seignement est aussi peu utile à l'Etat et à l'Eglise, que serait utile, poui' un jardin, la liberté i)uur toutes plantes de pousser, et qui craignait que.
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libellé — d'une liberté éclectique, illimitée — souriait à ces évoques que leur propre initiative alTrancbissait , ; dans l'épineuse discussion sur renseignement -, où les uns prirent la contenance qu'avait en France Montalembert, où les autres se rapprochaient davantage des susceptibilités de Louis Veuillot, l'Etat radical du lendemain, qui aspirait à laïciser l'école, fut traité comme un ennemi, et c'est au nom de la liberté, à Wurzbourg comme à Paris, que l'Eglise réclamait son droit à renseignements. Elle se montra moins énergique, moins intransigeante, au sujet des questions qui concernaient le mariage : Dœllinger demanda qu'à cet égard on évitât toute formule qui ressemblerait h une déclaration de guerre contre l'Etat, et que, môme, les décisions prises ne fussent point publiées, de crainte dun inutile
si tout examen dF:tat était supprimé, dos cordonniers et des tailleurs ne se fissent instituteurs.
1. Rapprocher les dispositions de Ketteler à son arrivée au Parlement de Francfort : il voulait -< le plus possible de liberté pour tous, mais aussi pour l'Eglise catholique » (Plïilf, Itischof Kettelci\ I, p. \h:^).
2. La discussion sur l'enseignement commença dans la huitième séance le Ti octobre, et dura jusqu'à la onzième, le 28 octobre {Collcctio Lacensis, V, p. 1021-1031). — Voir, spécialement, les thèses soutenues par Dœllinger {Collectio Lacensis, V, p. 1022-1023), et par Geissel (p. 102'.) : Geissel ne réclame ni liberté générale de l'enseignement, ni monopole pour l'Eglise; ({ue l'Eglise, dit-il, obtienne sa liberté, que d'autres, s'ils veulent, réclament leur liberté. Dœllinger (V, p. 1027), ré])ondant encore à Richarz, insiste sur ce fait que la contrainte d'Etat est un mal, que la liberté absolue est un moindre mal. — Comparer, au sujet de l'atti- ;tude de Geissel dans cette question, le^s citations données par Pfiilf,
Cardinal von Geissel, I, p. 613-G14.
3. -Le livre de Buss, publié en 1847 : Die Gemeinsamkeit der liechle und ier Inleresse)!. des Katholicismus in Frankreich xind in TeitsfcJdand, témoigne avec quelle attention les catholiques d'Allemagne observaient les
v/isées des catholiques de France au sujet de la liberté de lenseignep.nent : Buss s'intéressait d'autant i)lus à ces débats, qu'en 184U, la I Chambre badoise avait voté la transformation des écoles confessionnelles -n écoles communales (Buss, op. cit., p. 214 1.
conflit'. Le droit canon guidait l'assemblée, mais sans emphase ni fracas; il inspirait l'ensemble des revendications ; mais celles que les évoques inscrivaient au premier plan et que, de préférence, ils signalaient à la conscience publique, étaient celles qui se pouvaient réclamer de l'idée magique de liberté et qui, dédaignant comme superflue toute référence à d'archaïques canonistes, semblaient écloses de la veille, sous le fécond soleil de 1848.
Car il y avait de l'allégresse dans cette assemblée de Wurzbourg; l'espérance y soufflait. L'Eglise d'Allemagne ressuscitée faisait bonne figure aux nouveautés, quelque troublant qu'en fût le cortège. Dès le mois d'avril, Lennig se demandait, dans un rapport, si la révolution n'était pas providentielle, et si quelque édifice nouveau n'en devait point surgir'^. Les mois qui s'étaient succédé avaient paru justifier l'hypothèse, et les évéques, à Wurzbourg, épiloguaient longuement sur la rédaction de certaines décisions, pour éviter toute formule qui pût être comprise en un sens conservateur. « Tout était-il si bien jusqu'ici, s'écriait Dœllinger, qu'on ait motif de se plaindre si tout cela disparaît? » Et il faisait observer que, dans la lettre aux fidèles, on ne devait rien glisser qui parût une condamnation formelle du mouvement politique.^. Geissel allait plus loin; il réclamait « un sourire pour l-a générosité de certains
1. Vingt-huitième séance, 11 novembre {Colleclio Laccnsis. V, ]). lluT- 1108).