‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 217 sur 236 · Pfulf, op. cit., I, p · texte numérisé non relu

Pfulf, op. cit., I, p

4. Le futur doyen Heinrich, alors chapelain, qui jouera bientôt un rôle mportant dans l'Allemagne catholique, ne fut pas étranger à cette inviition (Pfulf, op. cit.^ I, p. 1G8, n. 1).

avec une doctrine qui se donnait comme un remède : la notion chrétienne de la propriété s'afficha, avec une importunité, une vigueur, une hardiesse, dont seul le sermon de Bourdaloue sur l'usage des richesses peut donner une idée. Ketteler montrait, impitoyable, comment la fausse théorie communiste était née d\m faux droit de propriété : « Le mot fameux : La propriété, c'est le vol, s'écriait-il, n'est pas purement un mensonge ; il contient, auprès d'un grand mensonge, une féconde vérité. » Et Ketteler, au nom de l'Eglise, traitait de « crime perpétuel contre la nature » la conception moderne qui fait du propriétaire un souverain absolu de ses biens, dispensé de toute fonction sociale, sevré de toute responsabilité'. Ainsi, avant que s'achevât cette année 1848, qui, sous la façade de bouleversements politiques, avait donné le branle à de profondes et durables commotions sociales, l'Eglise d'Allemagne, par la bouche de ce futur évoque, signifiait à ses iidèles une doctrine sociale, qui devait guider leur action et inspirer leur vie'-.

1. ŒurrcH choisies (le Ketteler, Irad. Decurtiiis, p. 15 (Bàlo, /iashr VoLksblatt, 1892). La traduction est précédée d'une introduction d'ensemble sur Ketteler, dans laquelle M. Gaspard Decurtins rend à l'évèquc de Mavence l'hommage de la sociologie catholiciue contemporaine. — Cf. Raymond de Girard, Ketteler et la nuestion ourrière. p. 243 et suiv. (Berne," AVyss, 1890).

2. Sur l'impression que ]u-oduisirent ces prédications, voir Beda Weber, Charaktcrbilder, p. 472.

l'aiNNÉe 1848 401

Mais inversement, comme s'il y avait un mystérieux parallélisme entre les initiatives sociales de l'Eglise et ses victoires politiques, l'année 1848, avant de se clore, réservait à l'Eglise d'Allemagne quelques nouveaux avantages ; à l'Eglise de Prusse, une somptueuse conquête.

A Francfort, la commission parlementaire amendait, d'elle-même, certains des articles qui avaient été suspects aux catholiques, et le Parlement, en seconde lecture, ratifiait ces amendements^ Dans Tarlicle relatif à l'indépendance de l'Eglise, on supprimait tout rapprochement entre l'Eglise et « les autres sociétés » ; et l'on indiquait formellement, comme pour prévenir toute législation spéciale, que les lois auxquelles l'existence de l'Eglise était soumise, étaient les « lois générales- » ; dans l'article supprimant la surveillance du clergé sur l'école, on introduisait l'indispensable restriction : « Sous réserve de l'enseignement religieux^ » ; enlin le paragraphe qui proscrivait les Jésuites et les Rédemptoristes disparaissait^.

1. Beilage N. L zum Protokoll der 126 ôffentl. Sitzuny vom 30 nov. 1848 Vorlaye fur die zweite Lesuny der Grundrec/tte des Deutschen Volkes, p. 9 11 et 13.

Page 1