Voir ci-dessus, p
qui, dans la législation de Joseph II, pouvait donner * lieu à des contlits : « Ce qu'il y a de dangereux dans le joséphisme, écrivait-il en 1838, est formellement banni; ce qu'il y a de réellement pratique est maintenu. » Et il ajoutait, non sans une nuance de fierté :
Entre Rome et Vienne, depuis longtemps, il n'y a plus périls de dissentiment; là où l'on pourrait croire le contraire, on est trompé par l'apparence, qui peu à peu disparaîtra; et si cette disparition n'est pas plus rapide, ce n'est que la conséquence de notre conviction, que le champ ecclésiastique est précisément celui qui doit être touché avec le plus de légèreté, de crainte d'occasionner un mouvement dans les esprits'.
Tous les mots ici sont à méditer; ils marquent l'essence de cette paix religieuse qui sévissait en Autriche. Elle était oppressée, étouffante, exclusive de toute vie.
Metternich sentait ce qu'elle avait de factice, et l'étrange gaucherie de la politique autrichienne, qui secrètement, en vertu des traditions joséphistes, chicanait l'action de l'Eglise, et qui publiquement luttait contre la Révolution'-. Son rapport d'avril 1844 à Temporeur Ferdinand con-
1. Lettre au comte de Traiittmannsdortï, du 22 novembre 1838, publiée dans Friedberj,', Die Grundlagen der l'reussisc'ien Kirchcnpolitik unter Friedrich WiU>elm,l\, p. (ji (Leipzig, Gruno%v, 1882).
2. « Depuis cinquante ans la situation morale de TAutriche est celleci : elle est engagée dans une guerre secrète contre l'Eglise et son siège central, tandis qu'elle se trouve en un état de guerre ouverte contre la Révolution. Dans cette lutte qu'elle soutient contre deux puissances opposées se trouve le secret de notre faiblesse, i)arce qu'une telle situation renferme en quelque sorte d'un côté la négation constante des principes qu'on affirme et qu'on soutient de l'autre côté. Avec le temps, cette situation, impossible par elle-même, finira nécessairement par se révéler au
cluait à la suppression de toutes les entraves josephistes, h la réforme de la législation du mariage, au rétablissement de la libre correspondance des évoques avec le Saint-Siège et de la libre communication des ordres religieux avec leurs supérieurs, à la permission pour les clercs de faire leurs études au collège germanique de Rome^ Mais le chancelier, si puissant qu'il parût, se heurtait à l'opposition de la bureaucratie 2 et à l'indifférente inertie de l'épiscopat, cette seconde bureaucratie. « Je ne connais pas le Concile de Trente, disait un prélat; je ne connais que les arrêtés souverains^. » On se souvient aussi de l'entrave qu'apportait la censure viennoise aux grands projets de publication du libraire Herder et à la libre diffusion des écrits catholiques qu'il
monde, et elle rendra tôt ou tard notre système politique insoutenable au point de vue politique lui-même aussi bien qu'au point de vue moral. >• (Metternich, Mémoires, VII, p. 34.) — On ne saurait oublier qu'en 1840 Metternich remerciait très chaudement Hurter pour l'envoi de son livre : Ausflur/ naeh \Vien und Pressbiirq im Sommer 1839, critique sévère du joséphisme (Hurter, Hurter und seine Zeit, I, p. 122-124).