Metternich, Mémoires, VII, p
2. « Metternich a toujours montré la meilleure volonté vis-à-vis de l'Eglise, écrira à Geissel, en 1851, le nonce Viale Pre'a; et à cette époque, il fut le soûl à Vienne, pendant que le joséphisme, par son atmosphère méphitique, asphyxiait tout le monde. » (Pfùlf. Cardinal v. Geissel, I, p. 358.)— « Je n'ai aucune action sur la politique intérieure, expliquait :Melternich au jeune prêtre Brunner, par la raison bien simple que le dîner est cuit au conseil des ministres quand ou me l'apporte. » (Brunner, Drnkpfennige, p. 63.)
3. Le mot fut dit par Buchmeier, évêque de Saint-Pœlten, au temps ov'i il était conseiller ecclésiastique (Hurter, Hurler und seine Zeit, II, p. 295, n. 1). — Cf. '\\'ix\iç\', Manuel de droit ecclésiastique, Xxaû. Rougemont, j). 55: « En Autriche, lo clergé, habitué aune tutelle devenue pour lui commode et presque nécessaire, peut à peine s'élever à l'idée d'une situation différente. » Brunner, Denkpfennifje, p. 129, cite deux circulaires épiscopales de Saint-Pœlten. de l'année 1844, dont la première montre comment la hohe Refjierung disposait des intentions de messes et prohibait des livres de prières, et dont la seconde invitnit les i)rêtres à s'opposer à la formation d'associations pieuses parce que, hohen Orlcs (en haut lieu), ces associations étaient d(''clor(''es illégolos.
^+P8 LUTTES Ëï Victoires
éditait^; il n'était pas jusqu'au converti Hurter, devenu l'historiographe officiel des Hahsbourgs, dont l'activité littéraire ne fût paralysée par la police intellectuelle qui sévissait à Vienne-; et sans Tintervention de Metternich les Feuilles de Munich, organe du catholicisme bavarois, eussent été prohibées ^ Or, la plupart des censeurs, coupables d'aussi sottes besognes, étaient des ecclésiastiques. Metternich pouvait-il émanciper l'Eglise malgré TEglise î Ce fut Tannée 1848, après la chute de Metternich, qui commença l'émancipation.
Le réveil catholique, qui dans le reste de l'Allemagne avait désormais l'épiscopat pour chef, prit la forme, à Vienne, d'une demi-insurrection contre Tarchevêque Milde.
Le portrait de ce prélat, tel que nous le donnent les souvenirs du prêtre Sébastien Brunner^ est assez
i. A'oir ci-dessus, livre III, chapitre iv,et dans Wmiew Hurter imd snive y^eit, II, p. 160-161, les services que put à cet égard rendre Hurter à la librairie Ilerder.
2. Hurter, Hurter und seine Zeit, I, p. 120 : «On laisse courir beaucoup de mauvais livres, écrivait-il à Raess; une parole vigoureuse, môme modérée de forme, est abhorrée. » Hurter avait fait un choix d'exemples des sottises de la censure viennoise : on prohibait une brochure catholique sur la situation religieuse en Bade (Hurter, op. cit., I, p. 342); on renvoyait à Rome un ballot de bréviaires qui contenait l'office de Grégoire VII ; on défendait le calendrier dAlban Stolz parce que Ronge y était nommé, et Ion laissait circuler 7.000 exemplaires d'un journal bavarois racontant les triomphes de Ronge; on défendait aux journaux, en 1845, de parler delà visite du czar Nicolas à Grégoire XVI ": on retardait la publication de Y Histoire de Ferdinatnl //, de Hurter lui-même, qui se consolait de l'attente par une plaisanterie : « Je devrais mintituler, écrivait-il, non Geschichtschreiber, mais Geschichtschweiqer. » (Hurter, op. cit., II, p. 138 et 164-166.) - Cf. dans Gœrres, Gesammelte Briefe, III, p. 487-488, les craintes de Giovanelli, ami de Gœrres, au sujet de laccueil que fera à \' Athanasiwi la censure autrichienne. — Mais le plus piquant, c'est que la censure, implacable à d'autres égards, laissait passer d'étranges satires contre Metternich. (Hrunner, Denkpfennifie, p. 61). y/ ./ '