‹ L'Allemagne religieuse; le catholicisme, vol.2Chapitre 223 sur 236 · lîninncr. r,j,. rit-., p · texte numérisé non relu

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4lâ LUTtÉS Et VÎCtOIÎ\ËS

l'Église autrichienne, comme il y en avait une dans Yiiidii : sans hésiter, Brunner le signifiait au conservatisme accablé, avec cette verdeur brutale dont il était coutumier. « Nous ne voulons pas un ordinaire, déclarait-il, qui se laisse traiter comme s'il était la queue de la vieille perruque d'Etat' » ; et lorsque le vicaire général Politzer faisait comparaître Brunner devant le tribunal ecclésiastique pour se justifier de certaines incartades de presse'^, il ménageait malgré lui des triomphes à cet étrange insurgé qui n'avait pas attendu que les rues de Vienne fussent déblayées de leurs barricades, pour entreprendre, en faveur de la restauration de l'influence romaine dans l'Eglise d'Autriche, une lutte de quarante-cinq années.

Le cardinal Schwarzenberg, archevêque de Salzbourg, pouvait écrire au mois de septembre: « Des millions de citoyens autrichiens saluent le nouvel ordre de choses, non seulement parce qu'il leur garantit plus de liberté politique, mais parce qu'il promet à l'Eglise catholique les mômes impulsions de liberté'^» C'est qu'en effet, en dépit des prélats pour qui l'esclavage était une seconde nature, et qui paraissaient à This-

1. Brunner, op. cit., p. 148-153. « Nous ne nous attaquons pas fiiix personnes, écrivait-il, mais au système. Nous savons de source authentique que, récemment, un évèque autrichien s'est adressé au minisiic l)0ur demander des instructions au sujet de l'admission des séminaristes. Pauvre ministère! Pauvre évèque! et surtout pauvre Eglise! En Russie, une pareille soumission au césaropapisme mériterait l'ordre de Stanislas de première classe avec diamants; chez nous, cette manière d'ai^ir mérite simi)lenient d'être... portée à la connaissance du puldic ! » (Kaunengieser, op. cit., p. 78.)

2. Sur ces deux comparutions, voir Brunner, op. cit., ]). 148-165. et Kannengieser, op. cit., p. 78-83.

3. Wolfsgruber, Joseph Othmar Cardinal liauschcr, FiXrsterzbischof run Wien, Hcin Leben und sein Wirken, p. 98 (Fribourg, Herder, 1898).

l'année 1848 413

torien Hurter « si enlizés dans le joscphisme, que, tant qu'ils vivraient, il y aurait peu à espérer », l'opinion catholique laïque, en Autriche, commençait à prendre confiance, et se préparait à consommer l'œuvre de la révolutioni. On a conservé, des dernières années de Metternicho, certaines lettres singulièrement instructives; il s'étonne que cette disparition du joséphisme, vers laquelle il avait aspiré comme vers une réforme juste et raisonnable, et que vainement il avait poursuivie, apparaisse comme un produit de l'émeute : ce que sa « toute-puissance », à lui Metternich, n'avait pu faire pour l'Eglise, le a feu de paille » de Tannée 1848 l'avait fait. L'ancien chancelier s'en réjouissait, mais non sans quelque amertume; pourquoi Dieu, pour le bien de son Eglise, avait-il invoqué le bras des révolutionnaires? Metternich en demeurait consterné, il semblait qu'il constatât sans comprendre : et

1. Unrter, Burte}^ und seine Zeit, II, p. 294-295. — Gest l'archevèqvie de Vienne et l'évèque de Saint-Pœlten qui, en dépit de l'assemblée tenue en 1849 par les évèques d'Autriche, mériteront encore, en ISôO, ce jugement de Hurter.

2. Voir, en particulier, les lettres de Metternich au baron de Koller (27 avril 1850) et au P. Beckx (fin décembre 1855) : « Chez nous, écrit-il à Koller, on a fait un grand pas : la suppression des absurdités de la législation de Tenipereur .Joseph en matière ecclésiastique est un véritable progrès. Cet événement m'a laissé une double impression : celle de la joie de voir disparaître la jtierre d'achoppement, et le regret de constater que ce qui est simplement juste et seul raisonnable apparaît comme un produit de la Révolution, tandis qu'il constituait une tâche que, dans le cours de trente-cinq années entières, je n'ai pu mener à bonne fin, malgré toute la bonne volonté des souverains et mes etïorts continus. J'ai échoué contre notre bureaucratie. Ma toute-puissance devait être bien précaire. » {Mémoires, VIII, p. 313.) Et au P. Beckx : « Le feu de l'année 18'<8 (véritable feu de paille en ce qui concerne l'empire d'Autriche) a consumé les obstacles qui s'opposaient à la destruction formelle de l'organisation de l'empereur Joseph, car la fin réelle des absurdes empiétements du pouvoir séculier sur le pouvoir ecclésiastique était un fait accompli depuis longtemps. « [Mémoires, VIII, p. 392.) .

lorsqu'en 1853 rassemblée des catholiques allemands tiendra ses séances à Vienne, il s'inquiétera de voir l'Eglise « chercher sa force dans les associations qui ne sont qu'une copie du gouvernement de la foule par elle-même », qui « comprennent un public des plus mêlés », qui donnent des droits égaux aux laïques et aux prêtres, et qui peuvent « fortifier les mauvais éléments inhérents à toute chose humaine^ ».

Le témoignage est précieux : c'est une sorte de jugement posthume porté par la Sainte-Alliance sur les nouvelles méthodes d'action du catholicisme allemand. La surprise alarmée de Metternich souligne la nouveauté même de ces méthodes ; hier critique demain, et par là môme s'accentue le contraste entre hier et deaiain. Mais hier, c'était pour l'Eglise l'impuissance, puisque, en dépit môme du désir très sincère du chancelier, l'Eglise d'Autriche, ainsi que le disait Sepp au Parlement de Francfort, s'éteignait en une véritable mort^, Demain, au contraire, c'était l'efflorescence d'une presse catholique, la formation, dans le peuple catholique, d'une opinion exigeante et conquérante, le libre développement d'un certain nombre d'ordres religieux, et l'épiscopat, enfin, devenant assez conscient de ses devoirs pour être soucieux de ses droits.

L'année 1848, dans la vie de l'Ec^lise d'Ailemagne, avait l'importance d'un tournant d'histoire. Un canoniste moderne, M. Stutz, dans le,

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