Wigard, op cit., p
l'année 1848 415
résumé, chargé de faits, nourri d'idées', qu'il donnait récemment des évolutions du droit canon, constatait que le xix' siècle ménagea pour ces évolutions une nouvelle étape, dont le Concile du Vatican fut le terme, et dont le trait essentiel est un renouveau d'autonomie de la puissance spirituelle. C'est en 1848 que cette étape s'ouvrit pour l'Eglise catholique d'Allemagne : après de longues années de tutelle, elle recommençait d'être traitée en majeure, à Finstant même oii, pour la première fois, sous le regard des rois humiliés, loin du regard des rois fugitifs, était proclamée la majorité des peuples.
1. Article Kirchenrecht dans Vl'Jncykloj.adie der Rechtsivissenschaft de Iloltzendorff-Kohler.
Le relèvement du catholicisme allemand entre 1800 et 1848. — L'Eglise et les rois ; l'Eglise et les classes élevées. — Rareté des congrégations ; faiblesse 'de la hiérarchie. — Les deux forces libératrices : Rome, le peuple. — Harmonie entre le relèvement du catholicisme allemand et le mouvement démocratique de 18i8. — Un autographe de Buss sm* Talbum du Parlement de Francfort. — Prélude de l'orientation sociale du catholicisme allemand.
Dans le premier quart du xix^ siècle, la faiblesse du catholicisme allemand, sa pauvreté, son apparente fragilité, inspiraient mépris ou compassion. 11 avait perdu tout crédit sur les esprits : soit qu'on le respectât, soit qu'on le raillât, on ne réputait en lui qu'une pieuse routine. Il avait à peu près perdu ses cadres : la main de Dieu enlevait les évoques, la main des hommes supprimait les évêchés. 11 avait perdu ses biens : les pouvoirs laïques s'apprêtaient à faire l'aumône à l'Eglise, ou à la lui refuser. Il avait perdu ses ordres religieux, ses bibliothèques monastiques, ^es universités, ses ressources de travail et ses centres de prières. Et puis, au terme de toutes ces "uines, il avait perdu l'institution jumelle dont il limait l'abri séculaire : auguste encore en sa décrépitude, le Saint-Empire avait fini par y